Lors de sa grande enquête annuelle sur les besoins en main-d’œuvre menée auprès de 96 000 entreprises, dont 26 000 ont répondu, France Travail a récolté plus de 168 000 projets de recrutement. 28 % des entreprises ligériennes projettent d’embaucher en 2025. "Depuis 2019, nous restons sur un plateau haut d’intentions d’embauche, malgré les incertitudes économiques", commente Catherine Adnot-Mallet, directrice régionale France Travail Pays de la Loire.
35 % de recrutements saisonniers
Dans le détail, 57 % de ces projets de recrutements sont concentrés dans les services et 17 % dans l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Les projets de recrutements saisonniers représentent près de 35 % du total. Cette saisonnalité est liée aux activités touristiques sur le littoral, ainsi qu’aux activités agricoles sur des bassins d’emploi comme le Saumurois ou Clisson.
Près de 6 recrutements sur 10 jugés difficiles
Malgré une légère détente depuis deux ans, 56,7 % des recrutements sont jugés "difficiles" par les entreprises, soit un niveau de tension similaire à 2019. À l’image des années précédentes, la construction affiche les plus fortes tensions (64,5 %), malgré une baisse de 12 points par rapport à 2024. La majorité des autres secteurs connaît également une détente des difficultés de recrutement. Cependant les tensions restent élevées dans l’industrie manufacturière (57,8 %), les services (57 4 %) et, dans une moindre mesure, le commerce (45,8 %). L’agriculture et l’industrie agroalimentaire restent le seul secteur à connaître une hausse des tensions (58,5 %).
Les principales difficultés de recrutement portent sur les métiers de santé et d’action sociale, de l’hôtellerie-restauration et de l’agriculture (maraîchage, horticulture…).
Ces taux de tension sont supérieurs à la moyenne française, avec plusieurs bassins d’emploi au taux de chômage très faible : Ancenis, Beaupreau, Cholet…
Manque de candidats, inadéquation des profils
Selon les entreprises interrogées, les difficultés de recrutement sont liées, d’une part, au nombre insuffisant de candidats, alimenté par la concurrence entre les entreprises, des rémunérations jugées trop faibles ou encore la pénibilité du travail. Les tensions proviennent, d’autre part, de l’inadéquation entre le profil attendu et celui des candidats qui, souvent, manquent d’expérience professionnelle, de compétences techniques ou ne font pas preuve de la motivation et du savoir-être attendu.
Pour surmonter ces difficultés de recrutement, les entreprises et les acteurs de l’emploi doivent faire preuve d’imagination en se tournant vers des profils différents (reconversion…) ou en mettant en œuvre des processus de recrutements innovants. "Nous employons la méthode de recrutement par simulation (MRS). Plutôt que des diplômes, nous allons chercher des aptitudes à une tâche. Nous couplons ensuite la MRS avec une préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POE I)", explique ainsi Céline Anas, DRH de l’éditeur de logiciels RH Asys (180 salariés), qui a recruté 25 collaborateurs aux profils très divers (maître-nageur, chimiste, traducteur, professeur…) grâce à cette démarche depuis 2022.