Rendre l’aide à une personne en situation de précarité aussi simple que de faire ses courses. C’est le credo et l’ambition de la start-up bordelaise Ramdam Social (14 collaborateurs, CA non dévoilé). Elle est née en mars 2023 suite à la rencontre de ses deux associés, Julie Boureau, ancienne directrice marketing d’Innocent et Luc-Olivier Pieret, passé notamment par la société antigaspi Too Good To Go, lors d’une mission commune. "C’était pour l’entreprise allemande Share, dont on a voulu adapter le modèle en France", raconte ainsi Julie Boureau.
Un cercle vertueux
La promesse : redistribuer 7 à 10 % du chiffre d’affaires issu de la vente de ses produits à des associations qui luttent contre la précarité sous toutes ses formes (alimentaire, étudiante, hygiénique…).
D’un côté, elle confie la fabrication de ses produits à des industriels français. Ses sablés bio sont fabriqués par Lou Bio à Manosque, ses plats cuisinés par la conserverie Davin à Carpentras et la star de ses ventes, ses chips, en Picardie et en Loire-Atlantique (à Guérande), tout comme ses protections périodiques. "On part du principe qu’en soutenant l’économie de proximité, on réduit aussi la précarité en soutenant la création d’emplois", précise la cofondatrice.
De l’autre, une partie de ses recettes finance des actions sociales. Les ventes de chips ont ainsi financé la distribution par le Samu Social de Paris de près de 115 400 en-cas lors de maraudes ou de permanences quand celle des cookies a permis au réseau de banques alimentaires de distribuer près de 34 200 portions de fruits et légumes. "On noue des partenariats avec ces associations en cherchant à leur apporter un flux financier régulier", poursuit la dirigeante.
Rentabiliser le modèle
Ramdam Social a bouclé en octobre 2024 une première levée de fonds de 1,3 million d’euros (dont 850 000 en dilutif), abondée par l’aide financière et opérationnelle d’une trentaine de business Angels - dont une partie via Asterion Ventures, société de capital-risque dédiée aux entreprises à impact - parmi lesquels des cadres passés par Médecins Sans Frontières, Danone, Redbull ou Deezer.
Ses points de ventes, principalement dans la GMS (Carrefour, Franprix, Monoprix, La Tournée, Day by day, Relay, Cora) se multiplient : elle devrait atteindre les 1 500 fin février partout en France. Elle se déploie aussi dans des cinémas, salles de spectacles ou festivals. Un moyen pour elle de franchir un cap important : celui, espéré fin 2025, de la rentabilité.
Pour l’atteindre plus vite, elle rabote toute dépense superflue : très peu de marketing et aucun investissement en R & D pour ses produits, des recettes classiques à la fabrication éprouvée et un cahier des charges qui préfère la soustraction - de l’huile de palmes, des parfums ou colorants - à l’addition d’ingrédients.
Deux millions de dons en 2026
Ramdam, qui a généré 400 000 dons depuis ses débuts, espère atteindre les deux millions l’an prochain, sachant qu’une bonne partie est déjà sécurisée par les accords commerciaux avec la grande distribution", termine Julie Boureau.
Souhaitant "créer une communauté" autour de son concept, l’entreprise réfléchit déjà à l’ajout de nouveaux produits à sa gamme. "À terme, on pourrait imaginer un forfait téléphonique où tous les gigas non consommés seraient redistribués à Emmaüs Connect pour lutter contre la précarité numérique. C’est une ambition".