La Région Sud veut devenir un modèle en matière d’Économie Sociale et Solidaire. Et les entreprises des Alpes-Maritimes qui la composent comptent bien participer à cet élan.
1 800 entreprises maralpines
Elles sont plus de 1 800 associations, coopératives, mutuelles et fondations azuréennes à répondre à ce modèle. Elles font travailler plus de 32 000 salariés, soit 10,6 % de l’emploi privé. Pour autant, elles restent encore trop méconnues. Président de la CRESS 06 (Chambre Régionale de l’ESS) depuis septembre dernier, Arnaud Delcasse le concède : "il y a un véritable enjeu à avoir plus de visibilité pour pouvoir transformer notre territoire et peut-être aussi la société. Nous partons d’un point où le modèle dominant est un modèle capitaliste, libéral, traditionnel. L’économie sociale et solidaire donne un autre angle, un autre modèle d’organisation de l’entreprise qui devrait inspirer beaucoup plus largement la société."
Un fonctionnement démocratique
Action sociale, assurance, santé, agriculture, transition écologique… l’ESS recouvre un champ très large d’activités mais toutes ses structures partagent une spécificité, "un fonctionnement démocratique, dans le sens de l’intérêt commun", reprend Arnaud Delcasse, lui-même à la tête de Coopgo, coopérative de la mobilité inclusive des personnes en situation de précarité, basée à Sophia Antipolis depuis 2015. "Les décisions sont prises de manière collégiale. Souvent une personne égale une voix. C’est-à-dire qu’une personne qui participe au projet a autant de poids, d’influence, de capacité d’agir que les autres, indépendamment de sa capacité financière."
Des budgets souvent "sacrifiés"
Mais il est un autre trait commun de ces structures et dont il fut question lors des premières Assises départementales de l’Économie Sociale et Solidaire qui se sont tenues à Grasse : le manque de moyen financier. "Sur les arbitrages budgétaires, l’ESS est souvent sacrifiée en premier, alors qu’elle prend une place indispensable pour préserver les personnes et assurer des missions qui, souvent, devraient être menées par les pouvoirs publics. Sans elle, tout un pan de la société serait complètement laissé à l’abandon, dans l’accompagnement social, les personnes âgées, celles en situation de précarité, les populations vulnérables. Et si on abandonne l’économie sociale et solidaire, on abandonne aussi ces actions réalisées par des structures indispensables à notre territoire."
Du soutien public
Ismaël Ouanès, directeur territorial "Innovation ESS" de la Banque des Territoires a parlé d’un "véritable levier de résilience et d’innovation conjuguant solidarité, ancrage territorial et performance, avec une efficacité peu égalée".
Président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse, Jérôme Viaud n’a pas dit autre chose, assurant que "l’ESS a sa place. Elle est un levier d’attractivité et d’innovation", notamment dans le Moyen et le Haut pays où elle "irrigue l’économie et crée de l’emploi". Il a ainsi cité le rôle précieux de Montagn’Habits, association spécialisée dans la récupération de vêtements. Un exemple parmi d’autres car sur ce territoire grassois, l’ESS se porte particulièrement bien. Soutenue par les pouvoirs publics, elle a ainsi enregistré en une décennie, une croissance de + 17 % de l’emploi et de + 27 % du nombre d’entreprises.