La Cornouaille aurait pu passer une bien plus rude année sans l'agroalimentaire. Heureusement, les industries du secteur ont joué le rôle d'amortisseur. «Elles se sont diversifiées, note Jean-François Garrec, président de la CCI de Quimper-Cornouaille. Beaucoup travaillent pour les marques de distributeur (MDD).» Grâce au 13% de croissance de leur chiffre d'affaires dans le Sud du département, elles ont tiré l'industrie tout entière. Laquelle affiche un joli +5% en 2009. Dans ce secteur, la CCI a enregistré moins de demandes d'aides publiques aux investissements mais pour des montants globalement plus importants. Dans quelques-unes des entreprises du Sud-Finistère, les effets de la crise se font particulièrement sentir comme aux Papeteries du Mauduit ou chez Asteel qui a fermé ses portes à Douarnenez. Des dossiers emblématiques. Plus généralement, le Sud a eu plus de mal selon certains observateurs. «Les entreprises du Finistère Nord résistent mieux grâce à leurs capitaux propres et à leur solidité financière», affirme même Philippe Coquil directeur du Crédit Agricole Entreprises à Brest. Les grands perdants de la conjoncture sont sans nul doute les commerçants et les artisans. Le commerce et la distribution enregistrent une diminution de quelque 25% de chiffre d'affaires au second semestre. Quimper, très impactée, a du mal à jouer son rôle de locomotive de la Cornouaille. Pendant l'été, saison importante, le recul est de 7% à 8% par rapport à l'année précédente sur la même période dans les commerces de proximité. «Nous manquons de grosses enseignes. Dans le centre-ville, mais aussi en périphérie», déplore Jean-François Garrec.
Moins de créations
Dans le bâtiment, les artisans ont peu de visibilité. «Seulement deux ou trois mois, indique François Schaller directeur général adjoint de la CCI. Mais cela redémarre doucement, surtout grâce à de petits projets qui sont relancés.» Quant aux créations, les chiffres ne sont pas terribles non plus. Entre moins 15 et moins 20% par rapport à l'année dernière. Les chiffres néanmoins, ne tiennent pas compte des auto-entrepreneurs. L'autre crise, qui n'est pas prête de se régler, c'est celle de la pêche. De plus en plus de poissons bleus - moins chers - gonflent les volumes des criées, qui restent, du coup, stable. Mais le prix moyen ne cesse de chuter: - 15,4% au premier semestre 2009.
Sauvée par son agroalimentaire, la Cornouaille n'a pourtant pas été épargnée par la crise. Commerçants et artisans ont été les premiers touchés.