PSA La Janais : Quels enjeux pour la filière et la Bretagne?
# Conjoncture

PSA La Janais : Quels enjeux pour la filière et la Bretagne?

Automobile Plus de filière en Bretagne? Le scénario catastrophe est à prendre au sérieux. D'où la mobilisation des pouvoirs publics.

À l'heure où nous bouclions ces lignes, le territoire était toujours dans l'attente des résultats des négociations entre General Motors et PSA Peugeot Citroën, qui auront forcément des incidences sur le devenir du site automobile rennais. Une première lueur d'espoir est toutefois arrivée le 24octobre dernier avec l'annonce par le président Philippe Varin de bonnes nouvelles pour La Janais: la garantie de fabriquer, à partir de 2016, la remplaçante de la C5. Mais d'ici là? Quel programme? Des questions qui restent aujourd'hui sans réponses et qui confirment, au grand dam des acteurs du territoire, la nécessité d'un plan de 1.400 suppressions de postes.




Tableau noir

Dans ce contexte, collectivités et représentants des branches professionnelles se réunissent régulièrement pour tenter d'amortir les effets de ce manque d'activité annoncé. Mi-septembre, un comité régional "de stratégie de la filière véhicules et mobilités" s'est tenu sous la présidence du Préfet de Région Michel Cadot et du président du conseil régional Pierrick Massiot. Le compte rendu de cette réunion, que nous nous sommes procuré, établit clairement les grands enjeux auxquels sont confrontés aujourd'hui l'Ille-et-Vilaine et la Bretagne. Constat inquiétant qui s'aggravera dans les mois et les années qui viennent si rien n'est fait. Dans son analyse financière, la Banque de France rappelle ainsi que la filière automobile «est importante pour l'économie régionale, pas prédominante mais cependant structurante pour certains territoires.» Et de dresser un tableau plutôt noir de la situation, ce dont personne ne doute plus désormais: «des performances en retrait avec notamment un faible niveau de création de richesse et une rentabilité qui s'érode, un taux d'investissement en sensible diminution, une productivité qui décroche fortement.» Seul point "positif", si on peut dire: «une capacité d'endettement réduite mais qui existe au sein des entreprises les plus solides, notamment pour les sous-traitants.»




Diversification et maintien des compétences

Tous les acteurs présents lors de cette réunion sont tombés d'accord sur un constat: le manque d'investissement en R & D de la filière régionale. D'où la nécessité de s'atteler au sujet, tout en soulignant «l'importance de la diversification pour la consolidation du tissu des sous-traitants et le maintien des compétences.» Des sous-traitants qui, selon les élus, devront être aidés pour «gagner en productivité et développer leur capacité à créer de la valeur.» Bref, les éléments d'une feuille de route précise qui va désormais devoir s'accompagner d'actions ciblées si la Bretagne veut encore conserver son savoir-faire en matière automobile.

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