Présidentielle : Ces patrons rhônalpins qui mouillent le maillot
# Politique économique

Présidentielle : Ces patrons rhônalpins qui mouillent le maillot

Ils sont "Entrepreneurs pour Fillon", référents locaux de "En Marche !" ou fidèle militant FN ... Témoignages de chefs d'entreprises plongés au coeur du réacteur de la campagne présidentielle.

Assumer ses convictions comme chef d'entreprise ? Ceux qui sont engagés pleinement dans la campagne présidentielle le vivent comme un challenge entrepreneurial, une expérience passionnante. Nous avons réuni cinq dirigeants qui militent du centre à la droite de l'échiquier politique. Les équipes locales de Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon n'ont malheureusement pas donné suite à nos demandes de mise en contact de dirigeant/militant...

Ils militent pour François Fillon

Frédéric Giraud, président Rhône du comité "Les entrepreneurs avec Fillon " (400 membres) et cogérant de l'Uzyne (chiffre d'affaires 2016 : 3,6 millions d'euros, 14 CDI, et 18 ETP ; Oullins)

L'engagement

En 2012 j'étais abstentioniste et je m'en suis mordu les doigts. Cette fois, je me suis engagé avant la primaire. Mon investissement est passé par plusieurs étapes. En 2015 j'ai rencontré Michel Terrot et François Buffet qui m'ont fait part de la candidature de François Fillon aux Primaires de la droite et du centre. Je l'ai rencontré en janvier 2016 à Lyon, nous étions une quinzaine de dirigeants. J'ai été marqué par sa qualité d'écoute, sa vision très programmatique. Comme lui, je suis persuadé qu'il faut d'abord créer de la richesse pour ensuite la partager.

Transparence dans l'entreprise

J'ai demandé l'accord de mon comité de direction et de mon associé. Puis la question de savoir si je m'affichais ou pas s'est vraiment posée et a été tranchée favorablement. Mais ce n'est pas allé de soi. Je n'avais pas envie de mettre qui que ce soit dans l'embarras.

Le temps consacré

À l'issue de la primaire de novembre j'ai déclaré à mon équipe que j'aillais libérer un tiers de mon temps. J'étais presque loin du compte. Je réalise à quel point la vie de famille est sacrifiée pour ceux qui s'engagent à 100% en politique.

Ambition aux législatives

On ne peut pas dire que le parti LR est très ouvert à des investitures accordées à la société civile. J'aimerais l'être mais je pense que je ne serai pas investi.

La mise en examen

Sur le fond on a ressenti un trouble car, si on sait que des parlementaires ont cette pratique, on l'ignorait de la part de François Fillon. Les Français ont découvert le fonctionnement d'un système très répandu. Mais ce qui est gênant c'est que ce soit révélé maintenant dans ces circonstances-là. On verra bien le jour du jugement, s'il y a condamnation ou non lieu, je fais le pari de la deuxième solution.

Céline Thévenet, présidente Nouveau Rhône du Comité " société civile ", dirigeante de Securotec ( chiffre d'affaires 2016 : 850.000 euros; 9 salariés ; Tarare)

Le déclic

J'ai lu l'ouvrage " Faire " de François Fillon durant un vol à destination du Vietnam. En arrivant à Hanoï, j'ai ressenti le dynamisme qui fait tellement défaut en France, et cela collait avec ce que je venais de lire. Il y avait une réunion à Paris le 2 avril 2016, j'y suis allée et suis entrée en contact avec les personnes de son équipe pour rejoindre le terrain.

Investissement en temps

En ce moment il y a la campagne de François Fillon, l'entreprise et riuen d'autre ! Même ma vie sociale est liée à la campagne. Mais c'est très intéressant, ce n'est pas qu'une charge, cela donne aussi beaucoup d'énergie.

L'impact de l'engagement sur l'image de l'entreprise

Je travaille avec l'armée, donc les retours ne sont pas négatifs, loin de là. Et d'ailleurs je ne pose pas la question, je n'ai pas 20 ans, j'assume mes convictions.

Militantisme

J'ai le souvenir d'avoir tracté un samedi matin. Je ne m'attendais pas à recevoir un bon accueil de la part des commerçants, une catégorie très à droite. Ce fut tout l'inverse.

La victoire des Primaires

Je l'ai vécu comme un rendez-vous avec l'histoire. Nous ne sommes plus de la chair à voter une fois tous les cinq ans, il va y avoir un tournant en politique. La société civile a un rôle à jouer.

La mise en examen

Ce fut un désarroi. Je connais le système de rémunération du Parlement, le problème c'est que les Français ne le connaissent pas, c'est ce qui choque mais c'est légal.

Ils militent pour Emmanuel Macron

Bruno Bonnell, référent Rhône du mouvement En Marche ! À la tête des sociétés Robopolis et Awabot, du syndicat Syrobo, du salon parisien Innorobo. Il pilote aussi le fonds Robolution Capital.

Le déclic

J'ai croisé beaucoup d'élus, de dirigeants, de " stars " de la politique. Mais pour moi il détonne dans le paysage et appartient à la catégorie des personnes d'exception. Je le trouve doté d'une grande maturité, d'une excellente capacité de synthèse. Lorsqu'il est venu s'exprimer en juin dernier à Lyon, je suis " tombé en confiance " !

Ce qu'il défend

Ce mouvement n'est pas figé mais s'inscrit dans un plan en trois dimensions. Il considère par exemple que l'on n'a pas besoin d'être semblable pour être " ensemble ", et qu'il vaut mieux se mettre autour de la table plutôt que de vouloir la renverser.

Rôle au sein de En Marche !

À la différence d'une entreprise, en politique il faut pratiquer le "micromanagement". Les gens autour de moi sont tous bénévoles, ils sont à fond, et plus qu'exigeants en terme de respect de la parole. Cela crée des situations paradoxales où un militant a le même poids que le référent départemental, et c'est bien normal ! Le principe fondamental est "tout le monde est égal". Cela me convint d'une chose : un chef d'entreprise n'est pas forcément un brillant politique, et vice-versa. La relation humaine est plus complexe car il n'y a pas de lien de dépendance, juste l'engagement.

Alain Garcia, responsable commercial et président d'un groupement d'entreprises du Rhône et référent En Marche ! à Villeurbanne.

L'engagement

Je suis convaincu qu'il faut aller au-delà des frontières habituelles qui séparent les politiques.

Le militantisme

Je coordonne les actions de terrains et les ateliers de réflexion sur la ville en travaillant en étroite collaboration avec Bruno Bonnell.

L'impact sur la vie professionnelle

Mon engagement n'impacte en rien mon entreprise car j'ai fait le choix de ne pas la citer. Idem pour le groupement d'entreprises dont je suis le président.

Il milite pour Marine Le Pen

Charles Perrot, conseiller régional (FN), dirigeant d'une entreprise rhônalpine (chiffre d'affaires : 30 millions d'euros; 200 salariés).

Les débuts

C'est mon père, ancien chef d'entreprise, qui m'a formé à la doctrine. Il m'a guidé vers le Front National (FN), auquel j'adhère depuis 1985.

La vie politique

J'ai toujours dressé une frontière étanche entre ma vie de chef d'entreprise et celle de militant du FN. Mon activité politique ne doit jamais interférer avec ma vie professionnelle. Concrètement, je consacre une à deux journées par mois à mon mandat de conseiller régional. Auxquelles il faut ajouter mon temps de représentation et de vie militante. Particulièrement intense cette année avec la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Les conséquences

Mon engagement politique au sein de mon entreprise s'est su à partir du moment où je suis devenu « un homme public » en 1998. L'année où j'ai été élu pour la première fois conseiller régional sur la liste de Bruno Gollnisch. J'ai affronté de vives protestations de certains salariés, membres à l'époque de la CGT. Pendant six mois, toutes mes notes de services ont été barrées de croix gammées. À la même époque, j'ai été planté par notre pool bancaire qui a refusé du jour au lendemain de nous accorder de nouvelles lignes de financement. Depuis, je finance en fonds propres tous les projets d'investissement de l'entreprise.

L'image du parti

Il est toujours très difficile pour un chef d'entreprise de s'afficher sympathisant du FN. C'est un parti montré du doigt. Beaucoup n'osent pas s'afficher. Il faut un certain courage et une vraie conviction politique pour y adhérer.

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