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Praysbee lève 3 millions d’euros pour accélérer le développement de son système de pulvérisation phytosanitaire
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Praysbee lève 3 millions d’euros pour accélérer le développement de son système de pulvérisation phytosanitaire

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La start-up charentaise Praysbee, qui a développé un système innovant de pulvérisation économe en énergie et plus respectueux de l’environnement, vient de lever trois millions d’euros. L’opération va lui servir à poursuivre le développement de ses systèmes, dont elle multiplie les démonstrations. Elle se pose en alternative moins coûteuse pour convaincre une viticulture en pleine crise.

Olivier Bonnefond a fondé Praysbee en 2021 à Cognac. Sa solution de pulvérisation vise une fabrication en série en 2025. — Photo : Romain Béteille

Trois millions d’euros. C’est la somme que vient de lever la start-up charentaise Praysbee auprès de Demeter Investment Managers, société d’investissement parisienne spécialisée dans la transition énergétique et écologique. Demeter est le gestionnaire du fonds régional VitiRev Innovation, doté de 70 millions d’euros et spécialisé dans la transition environnementale de la filière Viticole. Demeter est accompagné dans cette opération par le fonds régional de co-investissement NACO (Nouvelle-Aquitaine Co-Investissement), géré par le toulousain M Capital.

Une pulvérisation innovante et brevetée

Cette levée de fonds est la première pour la société charentaise, créée en 2021 et qui a développé Wulp, une technologie de pulvérisation de produits phytosanitaires innovante. Il s’agit d’un pulvérisateur monté sur une rampe, basé sur une technologie de jet projeté oscillant. Léger et pilotable en temps réel, le tout fonctionne en rétrofit : la technologie est installable sur l’ensemble du parc de machines déjà existantes des viticulteurs, arboriculteurs ou exploitants de toute culture verticale.

Plus de 90 %

Praysbee a plus d’un argument pour convaincre : son système promet une réduction de plus de 90 % des dérives de pulvérisation de produits phytosanitaires en agissant de manière plus ciblée, réduisant les risques de contamination des cours d’eau comme du voisinage des exploitations. La société affirme aussi qu’il réduit la consommation de gazole non routier (GNR) de 66 % par rapport aux machines traditionnelles, puisqu’il fonctionne électriquement, en plus de "réduire le phénomène de tassement de sol - le système pesant moins de 15 kilos - et les nuisances sonores".

Moins cher pour le viticulteur… et l’environnement

"Une machine de pulvérisation coûte 50 000 à 80 000 euros, la nôtre est à 16 000 euros. Dans le contexte actuel de crise viticole ou la consommation décroît et ou les taxes augmentent, c’est une solution pour réduire les contraintes et baisser les coûts", assure Olivier Bonnefond, fondateur de la société, fondée en 2021 et qui réunit aujourd’hui une quinzaine de personnes.

Praysbee a convaincu les investisseurs, qui y ont vu un potentiel important de "réduction de l’impact des intrants sur la biodiversité", en plus d’une alternative moins coûteuse pour les exploitants, confrontés à une crise majeure, dans le cognac comme dans le vin.

Praysbee a obtenu 3 millions d’euros du fonds VitiRev Innovation et du fonds régional NACO pour poursuivre le développement de son système de pulvérisation de produits phytosanitaires innovants — Photo : Praysbee

Cible internationale

La start-up charentaise, qui a fabriqué pour la première fois sa solution en petite série cette année, entend poursuivre son développement. "On veut doubler la production. On poursuit la R & D vers plus de robotisation. On veut créer la solution automatisée la plus simple possible", assure encore le dirigeant de l’entreprise. Ce dernier affirme que la société poursuit ses recrutements, à la fois en ingénierie technique et commerciale. Praysbee, présent à de nombreux salons spécialisés dans toute la France, vise un marché national et européen. "On a déjà eu des contacts avec l’Espagne, le Portugal…".

Assurant un suivi et une révision annuelle de son dispositif sur demande des exploitants l’ayant déjà adopté, la start-up, qui sous-traite une partie (notamment la découpe laser) de la production de son outil avec des industriels locaux, assure avoir déjà "70 demandes de démonstration" dans les tuyaux et avance déjà ses arguments pour la prochaine campagne viticole. Sans se disperser.

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