Un peu plus d’un an après avoir bouclé une levée de fonds de 4,2 millions d’euros, montée à 5 millions d’euros en janvier grâce à l’arrivée de Seventure Partners à son capital, la start-up bordelaise Kapsera est fin prête pour son passage à l’échelle industrielle.
Pilote industriel
La société, qui regroupe aujourd’hui 27 personnes, a inauguré le 23 janvier sa première unité industrielle d’encapsulation de principes actifs naturels dans des microcapsules — de 100 microns à deux millimètres — d’alginate, un polymère biodégradable issu d’algues brunes. Un investissement d’environ 500 000 euros que la start-up a installé entre mars et décembre 2025. Une mise en pratique très attendue par les équipes de cette société, fondée en 2018 par le chimiste Jérôme Bibette et Antoine Drevelle, spécialiste de la biochimie moléculaire.
Alternative aux pesticides de synthèse
"Les premiers contrats sont en discussion mais nous avons déjà pu sortir plus d’une tonne de capsules en prototypage pour l’agriculture l’an dernier", assure Antoine Drevelle. "Nos clients sont des fabricants de biosolutions et de principes actifs naturels, de phéromones ou de micro-organismes vivants".
Kapsera s’adresse notamment à — l’immense — marché du biocontrôle avec plusieurs promesses : rendre les phéromones — utilisées pour empêcher la reproduction des insectes ravageurs de cultures — pulvérisables et pouvoir encapsuler des micro-organismes facilitant la croissance des plantes.
Cette alternative aux pesticides de synthèse, espère produire une trentaine de tonnes de produit fini par an au départ. Elle a déjà l’ambition de porter sa capacité de production jusqu’à 300 tonnes, en augmentant le nombre d’injecteurs (son invention la plus stratégique) et en triplant le nombre d’unités de production — des constructions modulaires noirs facilement duplicables — d’ici deux à trois ans.
Vers plus d’automatisation
Pour le reste, Kapsera n’a pas changé de cap et vise toujours des metteurs en marché dans trois principaux secteurs : la fertilisation et la protection des cultures, la nutrition humaine – principalement le secteur de la probiotique — et la nutrition animale.
Cette ambition d’aller attaquer l’agroalimentaire l’a poussé à demander la certification ISO 22 000 (management de la sécurité des denrées alimentaires), en cours d’instruction. "On sait déjà qu’il faudra créer une unité dix à trente fois plus grande que celle-ci pour aller chercher des volumes nécessaires aux marchés de l’agriculture et des produits phytosanitaires", poursuit Antoine Drevelle.
Ces futures lignes, si elles semblent encore correspondre à une étape plus lointaine, seront "nécessairement plus automatisées et intégrées". Et nécessiteront des fonds supplémentaires, même si, pour l’heure, aucune recherche n’a encore débuté. La start-up, qui devrait monter à une trentaine de salariés dans le courant de l’année, devrait signer ses premiers contrats définitifs une fois sa certification obtenue et livrer ses premières commandes dans le courant du second semestre 2026.