Poulaillon : La boulangerie trinque à l’eau pour son entrée en bourse

Poulaillon : La boulangerie trinque à l’eau pour son entrée en bourse

La boulangerie industrielle de Wittelsheim entre en bourse. La levée de fonds, de 7 millions d’euros, doit porter plusieurs projets dont sa diversification dans l’eau.

La boulangerie industrielle Poulaillon, basée près de Mulhouse, vient d’entrer en bourse sur le marché Alternext. Une opération qui doit lui permettre de lever 7¬M€. Cette somme va aider l’entreprise familiale à soutenir sa forte croissance, portée par un certain nombre de projets. Depuis 2009, le groupe, qui emploie 580 personnes, enregistre ainsi une croissance annuelle de son chiffre d’affaires de l’ordre de 10%, avec une accélération depuis 2013. 2015 devrait être une année record. Paul Poulaillon, son président fondateur, prévoit de clôturer l’exercice avec un chiffre d’affaires de 54M€, en hausse de 18,7% par rapport à 2014.

«L’entrée en bourse doit nous permettre de développer notre notoriété au niveau national car nous sommes pour le moment plutôt connus régionalement», pointe en préambule Paul Poulaillon. L’entreprise distribue pourtant déjà ses produits auprès d’acteurs de référence à l’échelle nationale: en GMS (Leaderprice, Monoprix, Aldi, Cora, Auchan, et U), dans la restauration hors domicile (Brioche Dorée, La Pataterie, Elior, Pomme de Pain…) et auprès de grossistes tels que Toupargel, Transgourmet ou Maximo. Trois canaux commerciaux que développe le fils du dirigeant, Fabien. Ils pèsent pour plus de 35% de son chiffre d’affaires et enregistrent de fortes croissances annuelles. «Nous voulons développer encore les volumes, et diversifier notre portefeuille de clientèle», souligne celui-ci.

Un concept autour de la Moricette
Le groupe entend intensifier son maillage de points de ventes, actuellement concentrés sur le grand-Est, et s’offrir ainsi une visibilité nationale sous son nom propre. Deux concepts de magasins sont actuellement déclinés: 12 boulangeries (production artisanale, activité traiteur et restauration), et une vingtaine d’ateliers de cuisson (qui utilisent le pain précuit et la gamme des produits surgelés en provenance du site de production de Wittelsheim).

Magali Poulaillon, en charge de la gestion et du développement des points de vente, vient de lancer un troisième concept, plus facilement franchisable, dédié à la Moricette, en sucré et salé. C’est le produit phare de Poulaillon: des petits sandwichs dont le pain s’inspire de la pâte à bretzel, qui représentent environ 23% du CA du groupe. «Ce concept demande moins d’investissements et moins de savoir-faire technique, il est donc plus facile à franchiser», estime la fille de Paul Poulaillon. Un premier point de vente a ouvert fin octobre à Lyon Part-Dieu, et un rythme de quatre à six ouvertures par an est visé.

Investissements industriels
Pour accompagner ces projets, des investissements sont prévus sur le site de production du groupe, à Wittelsheim. Poulaillon y dispose de 11.500m² qui abritent deux entités: une industrielle, composée de deux lignes de production dédiées aux produits de boulangerie et d’emballage et une semi-industrielle dotée de trois lignes de production pour les produits de viennoiserie et de garnissage de sandwich. Toutes deux ne sont exploitées qu’à 50% de leur capacité pour le moment. Paul Poulaillon prévoit cependant d’investir 2,5¬M€ dans une nouvelle ligne dédiée aux Moricettes.

Enfin, les fonds levés lors de l’entrée en bourse doivent également accompagner la diversification du groupe vers une activité sans lien direct avec son cœur de métier: l’embouteillage d’eau minérale. Paul Poulaillon a en effet eu l’opportunité d’acheter en 2004 la source de Velleminfroy (Haute-Saône). 6,5M€ viennent d’être investis pour créer un site d’embouteillage de 3.000m² à proximité.

Diversification dans l’eau
Le lancement commercial de cette eau est prévu l’année prochaine. «C’est une eau rare. On ne compte pas produire plus de deux millions de bouteilles par mois», indique le président du groupe. Cette eau premium sera vendue dans les magasins bio, les parapharmacies, les spas et hôtels de luxe… en France et à l’étranger. Les marchés visés sont notamment la Chine et le Moyen-Orient.

Il s’agit pour le groupe plus d’une danseuse que d’une activité à fort potentiel, qu’il a cependant les moyens d’absorber. Poulaillon améliore d’une année sur l’autre ses performances. «Depuis la création du groupe, les bénéfices (458.000€ de résultat net en 2014) sont intégralement réalloués à l’investissement», précise Paul Poulaillon. Pour le dirigeant, l’entrée en bourse ne doit pas modifier le rythme de développement de l’entreprise: «Nous voulons préserver notre culture d’entreprise et le niveau de qualité de nos produits. Nous restons une entreprise artisanale même si notre production atteint aujourd’hui des volumes plus industriels».

Adelise Foucault

Poulaillon
(Wittelsheim)
Président: Paul Poulaillon
580 salariés
CA 2014: 45,5M€
03 89 33 89 89
www. poulaillon.fr