Bruxelles vient de débloquer environ 764 millions d’euros pour le projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin. Une enveloppe de 700 millions d’euros a été dévolue au maître d’ouvrage TELT pour poursuivre la réalisation du tunnel transfrontalier - 2 tubes de 57,5 kilomètres de long chacun - commencé fin 2022 côté français, pour une mise en service "programmée" en 2032. L’ouvrage reliera Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) à Suse en Italie, en passant sous le Montcenis.
Des moyens pour SNCF Réseau
Les études d’Avant Projet Détaillé (APD) du tracé de la section française se sont vues, elles, attribuer 64,6 millions, soit la quasi-totalité de la subvention sollicitée par la France (NDLR : 70 millions d’euros). " SNCF Réseau a désormais largement les moyens de commencer ses études. Une autre demande sera déposée plus tard pour obtenir le reliquat, à savoir 5,4 millions d’euros " a réagi Vincent de Rivaz, président du comité pour la Transalpine, organisme qui fédère les collectivités publiques et acteurs économiques mobilisés pour la liaison ferroviaire européenne Lyon-Turin.
En pratique, les études d’ingénierie pré-opérationnelles permettront de définir avec précision le tracé des voies d’accès depuis Lyon jusqu’à l’entrée du tunnel sous les Alpes en cours de creusement en Savoie.
100 millions d’euros de cofinancement français
Le dossier de demande de subvention avait été déposé à Bruxelles fin janvier après qu’un accord a été conclu sur le fil entre l’État et les collectivités locales pour un cofinancement du projet à hauteur de 100 millions d’euros. Avec une part à la charge de l’État de plus de 59 millions d’euros et une part apportée par les collectivités territoriales d’environ 40 millions, dont 33 millions de la Région, 3 millions du département de la Savoie et 1,5 million du département du Rhône.
Début du chantier ferroviaire en 2028
Le programme d’études devrait être lancé début 2025 sous le pilotage de SNCF Réseau pour une durée de trois ans avant les premiers travaux de reconnaissance souterrains. Il portera sur le tracé du scénario dit " grand gabarit ", le plus favorable au fret ferroviaire, choisi par une majorité des collectivités locales concernées. Ces études sont la dernière étape avant la phase travaux.
1 million de camions en moins
Pour rappel, le Lyon Turin est le maillon manquant du corridor méditerranéen, l’axe du réseau ferroviaire européen qui relie la péninsule ibérique à l’Europe de l’Est. Il permettra de traverser les Alpes en faisant circuler les trains à une vitesse de plaine (220 km/heure pour les voyageurs et 120 km/heure pour le fret) et de retirer 1 million de camions des autoroutes alpines.