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Placée en redressement judiciaire, la PME vannetaise Tahé Outdoors France cherche un nouvel actionnaire
Vannes # Nautisme # PME

Placée en redressement judiciaire, la PME vannetaise Tahé Outdoors France cherche un nouvel actionnaire

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Leader européen de la fabrication de planches de surf et autres paddles, Tahé Outdoors France (ex Bic Sports) a ouvert une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Vannes. La situation est née d’un marché très disputé et marqué par la saisonnalité mais aussi par le désengagement de KJK Sports, son actionnaire luxembourgeois.

Tahé Outdoors France a demandé son placement en redressement judiciaire pour trouver des repreneurs et protéger l’emploi — Photo : Swen Rilhac

Basé à Vannes, Tahé Outdoors France, a demandé l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce. L’objectif est de protéger les 88 emplois (dont 66 en France) du fabricant de planches pour les sports nautiques, de sécuriser la poursuite d’activité et d’organiser un appel à repreneurs sous l’égide de l’administrateur judiciaire rennais Ajire.

Le retrait de l’actionnaire déclenche la procédure

Le facteur déclencheur est le désengagement de KJK Sports. Entré au capital en 2019 après la cession de l’ex-BIC Sport par le groupe BIC, le fonds luxembourgeois avait soutenu l’entreprise durant plusieurs exercices marqués par une forte saisonnalité et un environnement très concurrentiel.

Après le pic d’activité lié au Covid, le marché du nautisme s’est normalisé brutalement. La saturation des stocks chez les distributeurs, la concurrence asiatique accrue et la hausse des coûts énergétiques ont comprimé les marges. KJK Sports a cessé ses apports financiers, précipitant l’entreprise en cessation de paiements et rendant nécessaire la recherche d’un actionnaire industriel de long terme.

Une procédure présentée comme "offensive"

Renaud Lacoste, président de Tahé et sa direction insistent sur le fait que "cette démarche volontaire vise avant tout à organiser la transmission de l’entreprise dans des conditions optimales. Cette étape a pour objectif de sécuriser l’ensemble de nos opérations et d’honorer nos engagements clients, tout en préparant une transition rapide vers un nouvel actionnariat garant de la pérennité de l’activité." Au printemps dernier, l’entreprise avait déjà rapatrié son magasin de Ploeren (Morbihan) au sein de son usine de Vannes pour des raisons de proximité et de coûts.

Un outil industriel unique

Le groupe, fabricant de kayaks, surfs, de paddles, wingfoils avec ses marques Tahé et SIC Maui, est présent dans 90 pays et dispose de filiales aux États-Unis et en Australie. Il affiche en 2024 un chiffre d’affaires consolidé de 16 millions d’euros (9,5 M€ en statutaire).

Son principal atout réside dans son outil industriel. Le site de Vannes maîtrise des technologies plastiques rares. Il serait la seule unité au monde combinant thermoformage, PSE et extrusion calandrage sur un même site, adossée à un bureau d’études intégré. Pour atténuer la saisonnalité du nautisme, l’entreprise a entamé une diversification de ses activités. Tahé Outdoors utilise ses technologies d’extrusion et d’injection de plaques pour recycler les chutes de matières plastiques et produire des composants destinés à d’autres secteurs, dont ceux de l’automobile, l’énergie, ou encore de la gestion des fluides.

Vannes # Nautisme # Production et distribution d'énergie # Plasturgie # PME # International # Procédure collective