Comment Tahé Outdoors se positionne-t-il aujourd’hui ?
Nous venons de traverser une période particulièrement riche en rebondissements. Après le désengagement progressif de Bic Sport, notre marque historique, à partir de 2019, puis le lancement d’une nouvelle identité à travers le groupe Tahé Outdoors en 2021, nous avons connu une croissance exceptionnelle, sans doute le fruit d’une réaction aux mesures de confinement sanitaire. Notre chiffre d’affaires a ainsi bondi à plus de 30 millions d’euros avant de revenir progressivement à des niveaux d’activité maîtrisés et atteindre l’an dernier 22 millions d’euros.
Notre usine de Vannes est la seule du genre en Europe à proposer pas moins de 7 catégories de produits dans les sports nautiques, du petit dériveur au kayak en passant par le surf et le stand-up paddle.
Comptant environ 70 salariés, cet outil est complété par un atelier de fabrication de pièces par injection, comme des pagaies, qui emploie une dizaine de personnes à Cognac (Charente).
Parmi nos équipes, beaucoup sont mobilisés par une passion commune pour les activités sur l’eau, et comptent parmi les premiers utilisateurs de nos références à l’image de mon prédécesseur, Thierry Verneuil, qui a piloté l’entreprise pendant près de 30 ans. Après 15 ans dans les fonctions cadres et financières de l’entreprise, je souhaite bien prolonger cet héritage.
Quelle est votre feuille de route pour pérenniser l’ensemble industriel de Tahe Outdoors ?
Depuis 1979 et la fabrication de nos premières planches à voiles à Vannes, notre savoir-faire n’a cessé d’évoluer et de se diversifier, dans le souci d’intégrer au maximum tout le process de fabrication. C’est ainsi qu’en 45 ans, nous avons produit et commercialisé plus de 2 millions de flotteurs. Cette longévité se comprend par le fait que nous avons toujours su accompagner les tendances et les nouveautés dans les pratiques de glisse en élargissant nos gammes pour nous adapter au plus grand nombre.
Parmi nos best-sellers, le surf Mini Malibu a ainsi été vendu à plus de 120 000 exemplaires. Le stand-up paddle couvre aujourd’hui 40 % de notre production, mais on participe aussi à faire émerger de nouveaux segments comme le wingfoil. Enfin, la projection à l’export est également déterminante puisque nous couvrons près de 90 pays et y réalisons environ 75 % de notre activité. Nous nous appuyons notamment sur notre gamme SIC, une marque développée à Hawaï qui est reconnue internationalement et qui a été rachetée en 2016. Nous disposons aussi de puissants relais commerciaux aux États-Unis et en Australie.
Quels sont les défis que vous devez relever en priorité ?
Nous traversons une période délicate de réajustement du marché avec une demande atone et un risque de surstockage. Le niveau d’équipement est très élevé et dynamise mécaniquement les transactions de seconde main, à notre détriment. De plus, les récentes perturbations économiques et géopolitiques laissent assez peu de place aux loisirs. Dans ce contexte difficile, nous veillons à étoffer et à valoriser encore davantage notre capital industriel. Tout en cultivant nos réseaux de distribution historiques, qui permettent de bien faire connaître nos produits, il nous faut explorer et approfondir de nouveaux canaux, notamment par la voie digitale. On envisage aussi à la mise en place de stations de location de matériel, sous la forme d’écosystèmes pleinement autonomes pour mieux répondre aux attentes des consommateurs.
Nous commençons également à revoir nos lignes de production afin de diminuer notablement notre empreinte environnementale. Si nous disposons de capacités en extrusion, nos métiers ont été recentrés sur le thermoformage pour limiter notre consommation énergétique. Nous progressons également sur la durabilité et la recyclabilité des matériaux que nous travaillons. Gage de la qualité de nos méthodes, certains de nos modèles sont encore utilisés 20 ans après leur fabrication. Pour les 2 500 personnes employées depuis la création de l’entreprise, ce sont aussi des motifs de fierté que nous avons à cœur de défendre.