Qui n'a pas entendu parler du pellet de bois? Son usage et sa commercialisation sont répandus. Dans l'Artois, à Neuville-Vitasse, Pierre Doctobre a choisi «un combustible local pour une consommation et une production locales». À travers Artois Pellets, il lance donc sa ligne de fabrication de pellets de chauffage à partir de pailles agricoles.
Le parcours Pierre Doctobre est issu du monde agricole et détient un BTS agricole complété d'une licence dans le secteur commercial. «J'ai vendu des produits phytosanitaires et des engrais avant de prendre la gestion, en tant que salarié, d'une ferme», rappelle le jeune chef d'entreprise. Son attrait pour la fabrication des combustibles l'amène vers les agro-pellets et vers la ressource que peut être la paille.
L'idée
«Nous sommes dans une région peu boisée. J'ai donc opté pour une ressource locale importante.» C'est ainsi que Pierre Doctobre contractualise avec des agriculteurs établis dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres. La paille de blé et de colza est broyée, puis mélangée avec un additif avant d'atteindre le stade du granulé. Il entend se positionner sur un marché de niche en vendant ses produits pour des chaudières collectives ou industrielles. Les cendres issues des pellets seront collectées et revendues à tarif préférentiel aux agriculteurs pour servir d'amendements.
Les moyens
Sa ligne de production est
celle d'une ancienne usine d'aliments pour bétail. Le process est similaire. Si pour l'heure, cette unité de production est hébergée à Neuville-Vitasse, il est en quête «d'un bâtiment de 1.500 à 2.000m² avec du terrain autour». Un salarié a déjà été recruté à mi-temps. Pour le lancement de son projet, son investissement est de l'ordre de 400.000euros.
Les débuts Pierre Doctobre est accompagné par la CCI et des réseaux comme Artois Initiative. Artois Investissement est présent au capital à hauteur de 13%. Il teste actuellement son concept auprès d'un bailleur social et d'un industriel.
Les développements «Lorsqu'Artois Pellets atteindra 80% de son activité, je devrais avoir environ sept salariés auxquels s'ajouteront ceux de l'entreprise de travaux agricoles, qui chapeautera notamment l'approvisionnement en matière première.» Il table sur un prévisionnel de 500T d'agro-pellets commercialisés la première année soit un chiffre d'affaires prévisionnel de 100K€.
Ségolène Mahias
Le Pas-de-Calais est pauvre en forêt. Près d'Arras, Pierre Doctobre fabrique des pellets à base de paille destinés à des chaudières collectives ou industrielles.