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Olgram décroche 2,6 millions d’euros pour son traitement de l’immunodépression
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Olgram décroche 2,6 millions d’euros pour son traitement de l’immunodépression

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Issus du plan d’investissement France 2030, ces fonds permettront à l’entreprise de poursuivre le développement en phase préclinique de son traitement destiné à lutter contre l’immunodépression, en particulier de celle qui touche les victimes de traumatismes crâniens et de commotions.

Olgram utilise les propriétés des algues marines Ulva lactuca (laitue de mer) pour traiter l’immunodépression consécutive à des traumatismes crâniens — Photo : Olgram

La biotech haut-savoyarde Olgram, (8 salariés), porteuse de solutions innovantes d’immunothérapie, vient d’obtenir un nouveau financement de 2,6 millions, accordé dans le cadre de l’appel à projets "i-Démo" du plan France 2030, piloté par l’Etat. Constitué de subventions et d’avances remboursables, cet argent frais va permettre à la start-up d’accélérer le développement de son traitement, qui se trouve aujourd’hui en stade de développement préclinique réglementaire (études préalables avant le démarrage des essais cliniques). Le biomarqueur associé a d’ores et déjà été validé cliniquement.

Répondre à un besoin médical

Implantée au Biopark d’Archamps (Haute-Savoie) et incubée au village by CA d’Annecy, la société de biotechnologie a mis au point le traitement "Ol 22-01", produit à partir d’un polysaccharide issu d’une variété d’algues bretonnes (une variété de "laitue de mer"), qui, associé à des peptides, permet de restaurer le système immunitaire des patients immunodéprimés suite à un traumatisme crânien ou une commotion.

En pratique, un choc sur la boîte crânienne suscite fréquemment une immunodépression qui peut déclencher à son tour une infection nosocomiale (pneumonie par exemple), une fonte musculaire, une baisse de la capacité respiratoire et des émotions exacerbées. Des pathologies qui, en l’absence de traitement, entraînent des séjours hospitaliers prolongés, notamment pour des sportifs accidentés.

Olgram espère une mise sur le marché en 2029

C’est ce marché qu’Olgram veut cibler, soit 27 millions de personnes par an en Europe et aux États-Unis dont 750 000 sont hospitalisés pour immunodépression. "Encore non chiffré précisément, le traitement sera coûteux, indique Pierre Rocheteau, cofondateur et directeur général d’Olgram, mais toujours moins qu’une hospitalisation de longue durée".

Olgram compte mettre ce traitement sur le marché en 2029. La piste thérapeutique développée par la start-up permettra également de traiter les infections chroniques en détruisant les bactéries "dormantes" responsables des rechutes infectieuses.

Pierre Rocheteau, directeur général d’Olgram — Photo : Bruno Berchenko

Cultiver la laitue de mer en bassin

"Au total nous voulons lever 9 millions d’euros", poursuit celui qui entame prochainement "un roadshow" à Londres. Outre le financement de sa recherche, l’entreprise compte investir en 2026 dans des bassins clos pour cultiver tout au long de l’année les précieuses algues marines dont la teneur en principes actifs doit être standardisée.

Mais pourquoi s’être installée en Haute-Savoie, loin des côtes bretonnes, quand on mise tout sur une algue marine pour développer des traitements en immunologie et en infectiologie ? "Tout simplement parce que la vallée de l’acide hyaluronique, où sont notamment installés Vivacy et Allergan, offre un vivier des chimistes compétents et parce que le biopark d’Archamps nous fournit des équipements de qualité pour l’extraction des polysaccharides", répond Pierre Rocheteau.

Olgram a déjà levé 3 millions d’euros depuis sa création en 2019 auprès de business angels et de deux groupes industriels dont l’identité n’est pas communiquée.

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