Haut-Rhin
Pollution aux PFAS : l'aéroport de Bâle Mulhouse s’engage à verser 10 millions d'euros à Saint-Louis Agglomération
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Pollution aux PFAS : l'aéroport de Bâle Mulhouse s’engage à verser 10 millions d'euros à Saint-Louis Agglomération

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Suspecté d’être à l’origine de la pollution aux PFAS dans la nappe phréatique, l’aéroport de Bâle Mulhouse financera la moitié des investissements que doit réaliser Saint-Louis Agglomération pour que 60 000 habitants de son territoire bénéficient à nouveau d’une eau potable conforme aux normes en vigueur.

Jean-Marc Deichtmann, président de Saint-Louis Agglomération, Emmanuel Aubry, préfet du Haut-Rhin, et Julien Le Goff, sous-préfet de Mulhouse, ont effectué un point d’étape sur la pollution aux PFAS qui impacte 11 communes du sud de l’Alsace — Photo : Fabrice Voné

L’EuroAirport participera à hauteur de 50 % aux investissements que doit réaliser Saint-Louis Agglomération (Haut-Rhin) pour l’installation d’unités mobiles puis pérennes de traitement de l’eau afin de réduire le taux anormalement élevé de PFAS récemment constaté dans l’eau destinée à la consommation de 60 000 habitants de 11 communes de son territoire. L’information a été dévoilée, ce mardi 9 septembre, par Jean-Marc Deichtmann, président de la collectivité territoriale lors d’une conférence de presse aux côtés des représentants des services de l’État. Celle-ci a été confirmée par les autorités de l'aéroport de Bâle-Mulhouse qui actera "sa décision dans les semaines à venir".

Levée des restrictions pour quatre communes

Emmanuel Aubry, préfet du Haut-Rhin, a par ailleurs annoncé la levée des restrictions d’eau pour les communes de Bartenheim, Kembs, Rosenau et d’Hésingue (hors zone industrielle du Liesbach) après que de nouvelles analyses, réalisées durant l’été, ont révélé que la concentration de PFAS était repassée sous la limite réglementaire de 0,1 microgramme par litre dans l’eau distribuée.

3 000 personnes directement impactées

En mai dernier, la préfecture du Haut-Rhin avait émis un arrêté interdisant sa consommation aux personnes immunodéprimées, aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux bébés de moins de deux ans vivant dans l’agglomération frontalière de l’Allemagne et de la ville suisse de Bâle. Soit 3 000 personnes qui bénéficient depuis de tickets alimentaires, d’un montant de 80 euros, pour acheter de l’eau en bouteille de la part de Saint-Louis Agglomération. Début juillet, la collectivité avait installé, en partenariat avec son délégataire Veolia, deux unités mobiles de traitement sur les sites de captage de Bartenheim et Hésingue pour rétablir la qualité de l’eau. Une troisième unité mobile doit encore être mise en place au niveau des puits situés à Saint-Louis Neuweg afin d’envisager un retour à la normale d’ici la fin de l’année.

Un investissement total chiffré à 20 millions d'euros

Ces installations temporaires s’élèvent à 6,5 millions d’euros. Elles laisseront ensuite place à autant d’usines de traitement, dotés de centrales à charbon, nécessitant un investissement estimé à 13 millions d'euros. Leur future exploitation entraînera un surcoût de 600 000 euros pour la collectivité. L’origine de cette pollution aux polluants éternels se trouve dans l’utilisation, jusqu’à fin 2016 et l'apparition d'émulseurs non fluorés, de mousses anti-incendie par les pompiers de l’aéroport de Bâle Mulhouse qui se sont progressivement répandues dans la nappe phréatique.

Le conseil d’administration de l’EuroAirport actera prochainement sa contribution à 50 % des coûts d’investissements dont le montant total avoisine les 20 millions d’euros. L’Agence de l’Eau Rhin-Meuse versera 1,5 million d’euros et l’Etat injectera 500 000 €. Saint-Louis Agglomération table aussi sur une aide de la Région Grand Est et discute avec la Banque des Territoires pour l'obtention d'un prêt à long terme pour l'investissement non financé "à un taux très préférentiel", selon M. Deichtmann.

La collectivité s’engage à ce qu’aucun surcoût ne soit répercuté sur la facture d’eau "avant 2027". Des investigations, menées sous l’égide de l’État, se poursuivent pour connaître "l’origine de la pollution et les moyens techniques à mettre en œuvre pour la contenir, voire la résorber".

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