« Notre exaspération est très grande »
# Conjoncture

« Notre exaspération est très grande »

Joël Chéritel,
président du Medef Bretagne « Le mois dernier, nous nous sommes mobilisés ensemble, avec la CGPME, l'UPA et la FRSEA Bretagne, pour se faire entendre des élus et du gouvernement. Le mouvement national "Libérons l'entreprise" a pour objectif d'expliquer notre ras-le-bol face à l'accumulation des charges, des nouvelles réglementations, des contraintes et la fiscalité auxquelles les entreprises sont soumises. Certes, 40,9 milliards d'euros ont été promis aux entreprises dans le cadre du Pacte de responsabilité, pour faire baisser leurs charges. Mais depuis trois ans, rappelons que nos charges ont augmenté de 30 milliards d'euros. Résultat, nous réalisons les marges les plus faibles d'Europe, nous n'avons plus d'avenir. Or, ce sont les marges qui produisent la croissance et créent l'emploi. De plus, les entreprises ne devraient voir ces 41 milliards d'euros qu'à fin 2017, car ces mesures ne sont pas gravées dans le marbre, il va falloir attendre qu'elles soient entérinées. À titre d'exemple, la baisse des prélèvements obligatoires annoncée ne concernait cette année que le CICE (pour 12 Mds€). En réalité, ce ne sont que 8 milliards qui ont été allégés, car les entreprises rechignent à faire appel au CICE... Nous, nous avons envie de développer la France. Mais si on veut se sortir de cette spirale infernale, pour les nouvelles générations, il est temps que la France fasse baisser la dépense publique. Elle représente 57 % de notre PIB, contre 46 % en Allemagne (et 49 % en moyenne en Europe). 11 points d'écart, cela représente 220 Md€. Si on donnait ne serait-ce que la moitié aux entreprises... Nous demandons également l'abrogation du dispositif sur la pénibilité au travail, qui est très complexe et inapplicable. De même, concernant la cession d'entreprise, il faudrait abroger la loi Hamon, qui demande au chef d'entreprise d'avertir les salariés au moins deux mois avant, pour qu'ils puissent faire une proposition de rachat. On ne cède pas une entreprise en deux mois ! »

  • LE COUP DE GUEULE
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