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Les ETI de Nouvelle-Aquitaine se disent "asphyxiées par la surenchère fiscale"
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Les ETI de Nouvelle-Aquitaine se disent "asphyxiées par la surenchère fiscale"

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Un "appel au sursaut". C’est ce qu’a lancé le 25 septembre le Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine à l’occasion de son événement annuel à Libourne (Gironde). Dénonçant la taxe Zucman comme une "idéologie délétère", son président, le PDG de l’ETI Ceva Santé Animale, souligne un besoin de combattre la surcharge de normes et strates administratives et propose trois pistes de sortie.

Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé Animale et président du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine — Photo : Romain Béteille

Un "écœurement profond". Tel est le sentiment, relayé par son président et PDG de Ceva Santé Animale (7 000 salariés, 1,77 Md€ de CA), Marc Prikazsky, au nom des dirigeants du club des ETI de Nouvelle-Aquitaine (130 entreprises et 100 000 emplois cumulés). En ligne de mire : le contexte politique incertain, un projet de loi de finances encore flou et des débats "leurres", taxe Zucman en tête, dénoncée par le dirigeant comme "une idéologie délétère" qui renforce "l’entrepreneuriat-bashing".

La valse des gouvernements n’arrange pas la confiance des dirigeants, comme l’a récemment prouvé le dernier baromètre économique de la CCI Nouvelle-Aquitaine. "Un fossé est en train de se creuser entre dirigeants, acteurs industriels et les représentants politiques et administratifs", assure Grégoire Le Taillandier, délégué général du club des ETI.

"Il faut restructurer. Il y a trop de monde pour distribuer les aides publiques aux entreprises, trop de structures, d’agences et de dossiers à suivre. Qu’on soit cohérents : laissons le système économique fonctionner."

Besoin de "restructurer"

Le rapport rendu en juillet 2025 par la commission d’enquête sénatoriale sur le montant et l’efficacité des aides publiques aux entreprises, évaluées à 211 milliards d’euros par an, ne calme pas l’exaspération ambiante. "Ce sont des effets de manche terribles qui détruisent l’image des entreprises auprès du grand public", tempête Marc Prikazsky.

La diffusion du dernier magazine "Complément d’enquête" sur France 2 sur le sujet n’a rien arrangé. "Baissez la fiscalité française au niveau des autres pays européens, gardez vos aides", y demandait Pierre Gattaz, ex-président du Medef. Un avis partagé, sans surprise, par le porte-parole local des ETI. "Il faut restructurer. Il y a trop de monde pour distribuer ces aides, trop de structures, d’agences et de dossiers à suivre (plus de 2 200 dispositifs d’aides distincts, selon le rapport sénatorial, NDLR). Qu’on soit cohérents : laissons le système économique fonctionner. Si des entreprises qui réussissent doivent en aider d’autres, elles le feront", ajoute Marc Prikazsky.

Pistes de sortie

Dénonçant une "asphyxie" provoquée par "la surenchère fiscale", le club régional propose trois pistes de sortie pour "mettre fin à ce déclin".

La première porte sur la simplification des "millefeuilles normatifs et administratifs". Le coût normatif français est ainsi évalué, dans un document de Bercy d’avril 2024, à 84 milliards d’euros par an, soit "au moins 3 % du PIB" français. Le rapport Ravignon de 2024 estime, lui, à 7,5 milliards d’euros par an le coût de l’enchevêtrement des compétences entre collectivités territoriales.

84 Md€ par an

La seconde piste prône une politique publique de la transmission. "750 000 entreprises devront être transmises dans les dix prochaines années, dont 63 % des PME et ETI". Avec ce rappel, les ETI dénoncent surtout la remise en question du Pacte Dutreil, niche fiscale sur la transmission des entreprises familiales. Pour le club, elle conduirait "à un blocage des transmissions, une perte de souveraineté sur nos actifs stratégiques et un frein à la dynamique industrielle de nos territoires".

Enfin, l’instance milite pour un accompagnement financier des ETI sur la formation professionnelle. "Les opérateurs de compétences (Opco) ne financent pas la formation pour les entreprises de plus de 50 salariés", déplore Grégoire Le Taillandier. "Les besoins sont réels, malgré la création d’organismes de formation internes. Nous allons porter ce combat", assure-t-il.

L’IA, une "rupture majeure"

Le Club le fait déjà au travers de l’Université des ETI, initiative lancée en 2023 et qui va se renforcer sur l’IA. "Quoi qu’il arrive, c’est une rupture majeure. On sait tous qu’on est en retard en France. Beaucoup d’entreprises considèrent que ça va constituer un changement important. Certaines ont démarré, peu ont embauché des gens et formé autour. Ce n’est pas très grave de partir en retard, mais il est temps d’y aller", souligne le délégué général.

Des initiatives sont déjà à l'étude. "On va échanger, regarder les tests possibles au sein du club et partager pour accélérer la transformation. Une communauté IA est en train de se créer au sein du club, on met en place des plans de montée en compétences des équipes à travers l’université, détaille-t-il. Le vrai enjeu, c’est le déploiement de l’IA dans les chaînes de production industrielles". Et si les échanges entre les entreprises sont en cours, pour le porte-parole, ce n’est "qu’un début".

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