Les tensions entre les cadres lillois et la tête du
groupe Humanis seront-elles bientôt apaisées ? Ce mercredi 23 janvier au matin, lors d’une conférence de presse donnée à Lille,
première étape d’un tour de France à la rencontre des cadres du groupe, son président Michel Keller s’est expliqué sur le départ pour le moins précipité et à la surprise générale du DG lillois
Damien Vandorpe. Ce dernier avait conduit avec succès, l’an dernier,
la fusion des groupes Vauban Humanis, Aprionis, puis Novalis-Taitbout, pour donner naissance
au premier assureur santé en collectif de France : un groupe de 6.600 salariés dont 1.300 dans le Nord – Pas-de-Calais.
Damien Vandorpe faisait l’unanimité tant en interne qu’en externe. Sous le choc, certains ont parlé d’une éviction brutale. « Je n’emploierai pas ce terme », a rectifié
Michel Keller en préambule, avant de justifier ce départ souhaité unanimement par son conseil d’administration parisien : « Rien ne touche à son intégrité et à son honnêteté.
Le groupe Humanis n’est pas le groupe Vauban Humanis. Il est beaucoup plus large, beaucoup plus diversifié et complexe. Nous avons un grand nombre de métiers qui apportent une complexité infiniment plus grande, à travers notamment des sociétés commerciales qui n’existaient pas. L’analyse que notre conseil d’administration a faite est qu’il était souhaitable d’opérer un changement de directeur général pour conduire les nouvelles phases de notre développement », a-t-il déclaré comprenant les interrogations et l’émotion suscitées.
« Le groupe Humanis a des potentialités tout à fait remarquable et doit nourrir de nouvelles ambitions. Nous avons pris la décision de recruter un nouveau directeur général. Il faut quelqu’un qui ait une large compréhension de l’ensemble de nos métiers, au-delà de la simple santé-prévoyance, avec une capacité d’interaction avec l’ensemble des grands partenaires avec lesquels nous souhaitons travailler et d’interaction au niveau national avec la sphère publique, au bon niveau. Quelqu’un qui contribue a ce qu’Humanis soit non seulement un grand groupe paritaire, mais aussi mutualiste. Nous voulons marcher sur deux pieds », a ajouté Michel Keller qui souhaite un recrutement « le plus rapidement possible ». Il sera sans doute externe car aucun profil interne n’a été identifié pour ce poste.
Ce mercredi après-midi, le président Keller doit rencontrer les cadres lillois, comme il le fera prochainement à Orléans et Blois, pour tenter de les rassurer. « Cette décision ne porte pas sur une communauté. Il n’y aura aucun changement de personnes ni d’organisation, aucun licenciement lié à la fusion prévu. Notre pacte social est confirmé et maintenu ! », a-t-il déjà indiqué ce mercredi matin.
Cette décision n’est en aucun cas motivée par les résultats du groupe, au demeurant sains financièrement selon ses dirigeants qui souhaitent aussi rassurer ses nombreuses entreprises clientes.
En 2012, Humanis Prévoyance a encaissé un total d’1,8 milliard d’euros, pour un ratio de solvabilité « compris entre 3,5 et 4 » quand la moyenne de la profession est inférieure à 2. L’objectif est porté à deux milliards.
> Photo : Au centre, le président Michel Keller, entouré de Jean-Paul Lacam, DG par intérim (à sa droite) et de Pierre Steff, vice-président, ce matin à Lille.