Net Cacao : La chocolaterie tourne la page Nestlé
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Net Cacao : La chocolaterie tourne la page Nestlé

C'est en 2006 que Net Cacao a racheté la Chocolaterie de Saint-Menet au groupe Nestlé, en reprenant les 180 salariés du site. Depuis juin dernier, l'entreprise a définitivement tourné la page Nestlé et s'attache à développer de nouveaux marchés : la distribution et l'industrie.

Fin juin, la chocolaterie de Saint-Menet a définitivement refermé la page Nestlé. Un accord a été signé entre les deux partenaires, mettant ainsi un terme à l'activité que Net Cacao réalisait encore jusqu'en novembre dernier en sous-traitance pour l'industriel. Cinquante-huit années après la création, par le groupe Nestlé, du site où étaient produits cafés et chocolats. «La fabrication de chocolat à Saint-Menet conserve tout son sens. Nous sommes dans un bassin de consommation important, proche des clients finaux, la taille de l'usine est adaptée aux marchés nationaux et mondiaux et, enfin, nous sommes à proximité d'un port. Que ce soit à Rouen, à Amsterdam ou à Hambourg, les transformateurs de fèves de cacao sont toujours proches d'installations portuaires», souligne Véronique Théry, actuelle P-dg de l'entreprise. Cette ingénieur agronome rappelle avec humour que depuis le début de sa carrière, en 1983, au sein du groupe de négoce international Sucre et Denrées, elle a toujours travaillé dans le chocolat. «En 2005, je planchais sur un projet de chocolaterie dans les pays de l'Est. Ce dossier a été abandonné et je me suis intéressé à Saint-Menet». Elle s'adosse alors au groupe Sucre et Denrées et propose une reprise du site. À la suite de longues tractations, Net Cacao a pris la relève de Nestlé, à condition de rembaucher 180 salariés et d'investir 17M€ sur trois ans. En contrepartie, Nestlé s'est engagé sur un volume de commandes en sous-traitance sur trois ans. Le volume qui s'est ainsi interrompu fin 2009.




Marques de distributeurs et industriels

«En2008 et2009, nous avons donc travaillé à remplacer les commandes de Nestlé et à développer de nouveaux débouchés», poursuit Véronique Théry. Désormais, l'activité réalisée par Net Cacao en marques de distributeurs permet de compenser la disparition des volumes Nestlé (les deux tiers de la production). «Nous avons tout d'abord privilégié la production des tablettes, qui est la plus longue à développer. Il faut en effet au moins un an pour décrocher des marchés dans la distribution. Nous travaillons désormais pour la quasi-totalité des enseignes (Auchan, Monoprix, Leader Price, Casino...). La MDD est un secteur qui connaît une importante croissance et qui représente 25% du marché».




Une boutique d'usine

Net Cacao mise aussi sur un second marché: les industriels de l'agroalimentaire. «Pour travailler sur ce secteur, il nous fallait avant tout obtenir des garanties de nos banquiers. Nous sommes sur un marché qui nécessite d'importants besoins de financement, notamment à cause du coût de la matière première. La fève de cacao est un produit cher, dont le prix a doublé entre le lancement de l'activité en 2006 et aujourd'hui. Nous achetions à 1.300€ la tonne, nous achetons aujourd'hui à 3.000€. Il faut donc pouvoir être capable d'investir et d'acheter», ajoute-t-elle. En revanche, les débouchés sont multiples: biscuitiers, glaciers, mouleurs, confiseurs, boulangers industriels. «Il y a du chocolat partout...» En novembre2008, Net Cacao a en outre créé une boutique d'usine sur son site afin de distribuer des tablettes sous la marque ?La Chocolaterie de Saint-Menet?. «Nous voulions nous ouvrir. De plus, la boutique nous permet de voir les produits qui marchent, ceux que les consommateurs aiment. Ce lien avec le client final est très important. Les distributeurs veulent de l'originalité et ne se basent plus simplement sur le prix pour sélectionner leurs prestataires de MDD. La boutique nous permet de rester connectés au marché et d'innover. Au fond, nous sommes une vieille start-up», conclut Véronique Théry.

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