À Marseille, le Campus Cyber Euromed change de dimension. Créé en 2024, cet écosystème numérique régional devient le premier "Campus Cyber. IA" en France, en misant sur la convergence entre cybersécurité et intelligence artificielle.
Une montée en puissance rapide
Le campus animé par trois personnes et un consultant, revendique déjà une communauté active de 1 000 membres, élargie à 5 000 participants. À horizon 2027, l’objectif est d’atteindre 500 adhérents en embarquant l’ensemble du tissu économique, notamment les PME et ETI, dans la montée en puissance des enjeux cyber, et désormais IA. Ce positionnement trouve sa justification dans un constat qui souligne certaines fragilités. Le tissu économique régional reste vulnérable, avec un niveau de maturité cyber encore insuffisant. "Une enquête menée en 2025 auprès de 109 entreprises dans le cadre du Forum méditerranéen de la cybersécurité met en évidence cette fragilité : le cyberscore moyen régional s’établit à 762, contre 767 au niveau national, soit un niveau comparable à celui d’un pays comme la Bulgarie. À cette situation s’ajoute un renforcement des contraintes réglementaires, notamment avec l’entrée en vigueur de la directive européenne NIS2, qui pourrait concerner près de 2 500 entreprises en Région Sud", détaille le président Pierre Boulogne. Dans ce contexte, le campus se positionne comme un outil de passage à l’échelle et d’industrialisation de la cybersécurité sur le territoire.
Faire converger cyber et IA
Le virage engagé repose sur un autre constat : cybersécurité et intelligence artificielle sont désormais indissociables. "L’utilisation d’outils d’IA accélère l’exploitation des vulnérabilités, souligne Pierre Boulogne. Là où une faille mettait plus de deux ans à être exploitée en 2018, elle peut désormais l’être en seulement 1,6 jour."
Pour Clément Rossi, délégué général, l’IA constitue "un processus de transformation qu’il faut accompagner dans son déploiement de manière sécurisée". L’enjeu est de permettre aux entreprises de s’approprier ces technologies tout en maîtrisant les risques, en développant à terme des solutions sécurisées, voire souveraines.
Un guichet unique
Pour accompagner cette évolution, l’offre de services a été entièrement revue. Le Campus Cyber Euromed, qui fédère déjà 60 partenaires, se positionne comme un facilitateur, chargé de connecter les offreurs de solutions et les entreprises utilisatrices. À court terme, l’objectif est de couvrir 100 % des besoins en cybersécurité d’ici mi-2026, puis ceux liés à l’IA d’ici la fin de l’année. Le site marseillais se veut un "guichet unique", combinant espace événementiel, zone de gestion de crise, coworking et vitrine des solutions disponibles.
Des ambitions méditerranéennes
Au-delà de son implantation à Marseille, le Campus Cyber Euromed entend se déployer à l’échelle régionale, en lien avec les autres campus cyber de Salon-de-Provence, Toulon et Sophia Antipolis. À plus long terme, la dynamique se veut méditerranéenne. La cité phocéenne, déjà identifiée comme un hub numérique stratégique avec l’atterrage de 19 câbles sous-marins, entend porter des coopérations en cybersécurité avec l’Italie, les Balkans, la Grèce, puis la rive sud de la Méditerranée.