Comment débarrasser définitivement Mulhouse de son étiquette de "ville coupe-gorge", voire de "petit Chicago", afin de lui redonner son lustre industriel d’antan lorsque la sous-préfecture du Haut-Rhin était assimilée à une petite Manchester ? Huit des onze postulants à la mairie de Mulhouse ont répondu, mercredi 4 mars, à l’invitation de la CCI Alsace Eurométropole, dévoilant leurs propositions en matière d’économie. Les candidats de La France Insoumise (LFI), du Rassemblement National (RN) et de Lutte ouvrière (LO) étaient en revanche absents.
Trois thématiques portant sur la fiscalité et les aides aux entreprises, l’attractivité de la ville et sa place au sein de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) ont été abordées. Les candidats présents ont chacun bénéficié de trois minutes pour s’exprimer sur ces sujets. Concernant l’aide aux entreprises, la question englobait l’accès des entreprises locales aux marchés publics. Si tous prônent une simplification et une transparence des procédures, Lara Million (divers centre) veut créer un salon de l’achat public comme celui qui existe déjà à Strasbourg. De son côté, Loïc Minnery (liste d’union à gauche) envisage de "taxer les actifs dormants comme les friches commerciales" pour dynamiser le centre-ville.
Une annexe du Musée de l’Automobile à Dubaï ?
Le sujet de l’attractivité a donné lieu à un florilège de propositions mêlant stationnement et transports en commun gratuits à certains moments, accessibilité, propreté et sécurité. Kadhafi Djehaf (divers droite) propose d’ouvrir une annexe du Musée National de l’Automobile à Dubaï pour attirer des visiteurs étrangers en Alsace. La maire sortante, Michèle Lutz (divers droite), milite pour "l’urbanisme commercial afin de faire de Mulhouse une ville pilote dans le commerce indépendant de proximité". Frédéric Marquet (divers centre) souhaite instaurer "un conseil créatif de l’économie", "recruter un manager de l’industrie" et "accélérer la reconversion des friches industrielles".
Faire de Mulhouse "la Ruhr de demain"
Tête de liste sans étiquette de "Nous sommes Mulhouse", Annouar Sassi souhaite replacer sa ville sur la carte du sport de haut niveau avec des infrastructures dédiées afin d’augmenter sa notoriété. "On a un pôle muséal à polir en y rajoutant notre patrimoine industriel et minier. Il faut qu’on devienne la Ruhr de demain", estime Loïc Minnery. À l’échelle alsacienne, "on a un territoire qui dispose d’atouts fonciers et de logements abordables", plaide Lara Million.
Alors que sa population ne cesse de baisser (106 000 habitants en 2026) au détriment de sa périphérie, le poids de Mulhouse en tant que ville-centre face à Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) suscite le débat. Kadhafi Djehaf souhaite positionner la cité du Bollwerk en "hub industriel et d’innovation" orientée vers la ville suisse de Bâle. Pour Cécile Sornin (divers droite), Mulhouse doit "porter une ambition économique" et "raisonner à l’échelle du Rhin supérieur". Enfin, pour Loïc Minnery, "la ville doit redevenir la locomotive du territoire". Reste à savoir qui la conduira.