Deux ans après avoir été repris par deux de ses salariés, Mov’NTec, dont le siège social se situe à Ruitz (Pas-de-Calais), vient d’installer une ligne d’assemblage de véhicules utilitaires électriques. Baptisé le Galibot, ce véhicule dédié à un usage professionnel est le nouveau produit phare de l’entreprise. "Ce quadricycle existe déjà sous forme thermique. Nous avons voulu l’électrifier pour répondre à la fois aux questions environnementales et aux enjeux de durabilité", introduit Antoine Cumin, le dirigeant associé.
Conçu en France, avec des composants produits, pour la plupart, dans la région, il ne nécessite pas de permis et peut rouler jusqu’à 45 km/h. Sa batterie présente une autonomie de 70 kilomètres.
Un repositionnement stratégique
Avec l’ambition de produire un millier de véhicules à terme par an, c’est-à-dire à l’horizon 2027, Mov’NTec s’affirme encore davantage sur le segment de l’électromobilité. En effet, cette entreprise, créée en 2004, a fait le pari il y a un an, d’axer sa stratégie de développement sur l’électrification. En difficulté en 2022 suite au départ du groupe allemand Lenze, l’entreprise était alors reprise par deux de ses anciens salariés, Francis Kopp et Antoine Cumin. Le carnet de commandes étant assuré jusqu’en 2025 grâce à un contrat signé avec Lenze, notamment pour la fabrication de produits électroniques et de produits électromécaniques, l’entreprise explore de nouveaux leviers de croissance.
La nécessité de s’adapter
"Nous sommes à la deuxième année du contrat de collaboration avec l’ancien propriétaire. Il nous reste encore trois ans. Nous sommes face à notre plus gros challenge car nous faisons face à un retournement stratégique complet. Aujourd’hui, on s’adresse à des clients extérieurs, ce qui nous demande de nous adapter. Nous travaillons avec des PME, avec des start-up. Les process ne sont pas les mêmes et nécessitent des interphasages différents", analyse Antoine Cumin.
Avec un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et 130 collaborateurs, l’entreprise ambitionne 15 millions de chiffre d’affaires provenant du Galibot. "Nous avons investi près de 800 000 euros pour installer cette ligne d’assemblage. Si les ventes démarrent bien, nous prévoyons un déploiement progressif", indique le dirigeant.
Un marché aux multiples potentiels
Face à la demande des collectivités, Antoine Cumin se montre confiant. "Nous savons qu’il y a de réelles opportunités par rapport à ce nouveau produit. Il est polyvalent et offre une belle autonomie. Il peut aussi répondre aux besoins d’électrification liés à l’arrivée des ZFE (zones à faibles émissions, NDLR) dans les villes."
Les applications sont multiples : sites industriels, monde agricole, camping, collectivités, etc. Les premières livraisons vont débuter dès le mois prochain dans le Nord. L’entreprise met actuellement en place son réseau de distribution pour livrer en Champagne et en Normandie. Elle espère également un déploiement national et international. "Aujourd’hui, nous devons trouver suffisamment de clients pour perdurer. Le modèle des véhicules électriques a rebattu les cartes et nous pousse à repenser de manière générale les mobilités. Le Galibot s’inscrit dans cette nouvelle tendance", estime le dirigeant.