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Watèa by Michelin va cesser ses activités
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Watèa by Michelin va cesser ses activités

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Spécialisée dans l’électrification des véhicules utilitaires, Watèa, filiale du manufacturier auvergnat Michelin, va arrêter ses activités au printemps, faute de demande. Le groupe évoque "un environnement économique incertain et un contexte réglementaire qui a connu de nombreuses évolutions". L’annonce a été faite aux salariés mi-novembre. Les discussions autour du plan de licenciement, qui concerne 45 personnes, viennent de s’ouvrir.

Watèa by Michelin n’a jamais réussi à trouver son public — Photo : Michelin

C’est un coup dur pour le manufacturier auvergnat. Dans sa stratégie de diversification hors pneu, Michelin avait lancé en juillet 2021 Watèa. Cette filiale, orientée dans la décarbonation du transport urbain, proposait un modèle "tout-en-un" pour accompagner les professionnels dans l’électrification de leur flotte. Mais quatre ans seulement après son lancement, le groupe annonce la cessation d’activités et la suppression de 45 postes. Watèa, dont le Crédit Agricole Leasing & Factoring détient également 30 % depuis 2023, n’a pas trouvé son public.

Un marché du véhicule utilitaire électrique qui ne décolle pas

Michelin décrit un "environnement économique incertain" et un "contexte réglementaire qui a connu de nombreuses évolutions", évoquant notamment le rythme de mise en place des ZFE. "Ce manque de visibilité rend le marché des véhicules utilitaires électriques attentiste. Il affecte les volumes vendus et la valeur des véhicules utilitaires électriques d’occasion qui tous deux restent nettement inférieurs aux prévisions ", souligne Michelin dans un bref communiqué. Le marché de l’électrification n’a jamais véritablement décollé et Watèa n’a pas atteint les seuils lui permettant d’être rentable. "L’activité était sur la sellette depuis plusieurs mois", indique José Tarantini, élu du CSE pour la CFE-CGC chez Michelin Clermont-Ferrand.

Plan de départ volontaire déjà en juin

Watèa avait d’ailleurs lancé en juin un plan de départ volontaire afin de réduire ses effectifs face à une activité au ralenti. Une vingtaine de personnes ont ainsi quitté l’entreprise, sans que cela ne suffise à relancer la dynamique. "Cet arrêt démontre l’incapacité de Michelin à développer de nouveaux business rentables. La stratégie était séduisante, mais force est de constater que quelque chose ne fonctionne pas dans la mise en œuvre et l’exécution. Est-ce un problème de positionnement sur le marché ? De prix ? D’organisation ?", s’interroge José Tarantini, qui indique que cette fermeture génère de l’inquiétude dans d’autres filiales du groupe comme chez Wisamo.

Les discussions autour du plan de licenciement de Watèa se sont ouvertes ce mardi 2 décembre pour deux semaines. "Les premières mesures présentées par la direction sont largement insuffisantes et très éloignées des standards sociaux appliqués chez Michelin", peste Paul Duchêne, élu du CSE de Watèa. Les représentants des salariés demandent un accompagnement aligné sur les pratiques du groupe en matière de restructuration.

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