Fin octobre, la PMI Movn’Tec a tenu au sein de ses locaux de Ruitz, dans le Pas-de-Calais, un séminaire dédié aux start-up. Baptisé "Mov’ntec start-up Summit", il comprenait des tables rondes thématiques, des pitchs dans le cadre d’un trophée, du réseautage, etc. Un genre d’événement "organisé d’ordinaire par des institutionnels", reconnaît Antoine Cumin, codirigeant de Mov’ntec (48 M€ de CA, 130 salariés). Monté en l’espace de deux mois et demi, ce séminaire a rencontré son public, avec pas moins d’une centaine de participants et une porte ouverte à une deuxième édition.
Une mise en lumière des activités
Un séminaire pour les start-up organisé par une PMI, ce n’est pas monnaie courante dans les Hauts-de-France. Si Mov’ntec a relevé ce défi, c’est parce que l’entreprise y voyait l’occasion de redéfinir son positionnement auprès d’un public soigneusement choisi : des start-up comptant — ou susceptibles de compter — parmi ses clients, des partenaires, notamment financiers, ou encore des institutionnels. "Notre activité a beaucoup évolué depuis que Françis Kopp et moi-même avons repris l’entreprise (dont ils étaient salariés NDLR), courant 2022, dans le cadre du désengagement du groupe allemand Lenze de ce site français", note Antoine Cumin.
Un temps axé sur l’électromobilité, Mov’ntec se présente désormais comme un industriel qui accompagne "la transition énergétique de manière générale". Un repositionnement qui s’est opéré de manière naturelle, "en lien avec les contrats décrochés" et dont l’ensemble de son réseau, proche ou plus lointain, n’a pas forcément pris connaissance.
Formaliser un soutien déjà ancré
Ce séminaire, accessible uniquement sur invitation, était donc l’occasion pour la PMI de réunir quelques acteurs clés, afin de préciser l’étendue de ses activités. Et si l’évènement était dédié aux start-up, c’est parce qu’elles sont désormais nombreuses parmi les clients de l’industriel. "Les start-up sont légion dans le domaine de la transition énergétique. Nous leur proposons un accompagnement en R & D, sur le prototypage, l’assemblage et l’industrialisation, mais aussi sur le SAV avec la gestion des pièces de rechange, ou encore nos installations logistiques", résume Antoine Cumin. Dans le cadre de cet accompagnement, "il nous arrivait de mettre des start-up en relation entre elles, ou avec des financeurs. C’est de là qu’est née l’idée de ce séminaire : pour officialiser et renforcer ces démarches que nous réalisions déjà de manière informelle", rapporte-t-il.
Un timing au cordeau
Pour monter ce projet en deux mois et demi, il a fallu "faire simple. Mon associé et moi ne voulions pas d’un projet complexe. Nous avons tout assumé seuls, avec l’aide d’une alternante en communication. Et celle de French Tech Lille, pour le contenu et l’animation des tables rondes", souligne le dirigeant. Simple, mais aussi efficace. "Ce séminaire a duré 2 h 30, de 10 heures à 12 h 30, sans pause. Nous ne voulions pas d’un événement qui s’éternise", revendique le dirigeant.
La PMI a donc opté pour une organisation au cordeau, typique du monde industriel. Cela s’est traduit par des discours introductifs limités dans le temps ou encore par deux tables rondes de 30 minutes chacune, sur deux thèmes : "Financement & Innovation : la région de tous les possibles", ainsi que "French tech, French Fab, un duo gagnant ?".
Des pitchs en deux minutes chrono
La PMI a ensuite organisé un concours de pitchs pour les start-up, avec un trophée à la clé. "Quinze start-up y ont participé (dont Vebo, Bioteos, Circulacar, etc. NDLR), elles avaient chacune 2 minutes pour présenter leur activité", détaille Antoine Cumin. Le jury a ensuite délibéré pendant 15 minutes, avant le cocktail déjeunatoire, qui était aussi un moment de réseautage, avec notamment un mini-salon organisé pour les jeunes pousses. "C’était l’occasion pour les start-up de présenter leur activité et de faire part aux nombreux fonds présents de leurs besoins de financement", souligne l’entrepreneur. Enfin, une visite du site de Mov’ntec était possible à 13 h 45. "Bien que nous ayons ouvert nos portes à plusieurs reprises, 25 personnes y ont participé", s’étonne Antoine Cumin.
Plus rentable qu’un salon
L’évènement ayant été acté mi-juillet, les invitations ne sont pas parties avant septembre, ce qui n’a pas grevé la participation. "Par exemple, nous ne nous attendions pas à avoir autant d’élus. Nous avons aussi dû freiner l’engouement suscité, car des invités invitaient eux-mêmes des relations, or, nous ne voulions pas organiser un événement trop important", rapporte le dirigeant.
Au final, la PMI a eu de bons retours sur cet événement, qui lui a aussi été très profitable. "Par rapport à ce que nous coûte la participation à un salon, ce séminaire était bien plus rentable ! Le coût le plus élevé était celui du cocktail, ce qui n’a rien à voir avec les frais liés à un salon." Ce succès, Antoine Cumin l’explique notamment par l’effet surprise : "personne ne s’attendait à nous voir organiser un séminaire". Le dirigeant n’est pas fermé à une deuxième édition, avec sans doute davantage de start-up. "Nous avons été pris par le temps pour cette première édition", reconnaît-il. Si une deuxième édition plus importante devait être actée, la PMI s’adosserait cette fois à un partenaire pour en soutenir l’organisation.