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Le réseau Entreprise du futur fête ses dix ans à Lille
Lille # Activités culturelles et événementiel # Réseaux d'accompagnement

Le réseau Entreprise du futur fête ses dix ans à Lille

Entreprise du Futur, un réseau d’accompagnement des dirigeants, était à Lille, les 4 et 5 décembre, pour la deuxième date de sa tournée anniversaire en partenariat avec Le Journal des Entreprises. Un périple en cinq étapes – Mulhouse, Lille, Rennes, Bordeaux et Marseille - et autant de thématiques qui conduira à son congrès annuel à Lyon début juillet.

Entreprise du Futur a organisé la deuxième étape de sa tournée anniversaire au sein de l’incubateur et accélérateur lillois Euratechnologies — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Entreprise du Futur a tenu la deuxième étape de sa tournée anniversaire, les 4 et 5 décembre, à Lille, au sein de l’incubateur et accélérateur Euratechnologies. Lancé le 21 novembre dernier au KMØ, à Mulhouse, cet événement itinérant conduit le réseau d’accompagnement des dirigeants à la rencontre de ses adhérents en cinq étapes. Après Mulhouse et Lille, viendront Rennes les 11 et 12 mars 2025, Bordeaux le 1ᵉʳ et le 2 avril et Marseille les 3 et 4 juin. Terminus ensuite à Lyon, pour le congrès annuel les 2 et 3 juillet.

L’organisation de chacune de ces cinq étapes repose sur trois temps forts. D’abord une soirée d’accueil et de networking autour du directeur général du réseau, Alban Guyot, et des ambassadeurs locaux d’Entreprise du Futur, en l’occurrence, à Lille, Yves Noirot, PDG des Fonderies de Sougland, et Sylvain Bèle, PDG de l’entreprise industrielle ICTDP. Ensuite, le lendemain, une matinée thématique – à Lille sur les ETI familiales — suivie de visites d’entreprises locales l’après-midi : l’industriel Mov’ntec, le fournisseur de solutions logistiques Ciuch et enfin, Euratechnologies.

Le partage de la valeur

Pour cette édition lilloise, la thématique retenue faisait écho à l’une des particularités du tissu économique des Hauts-de-France : les ETI familiales, sous l’angle notamment de l’expérience collaborateurs et clients. Lors d’une première table ronde, François Picarle, directeur associé de la société de capital investissement Geneo, s’est concentré sur la notion de partage de la valeur. "Nous ne concevons plus d’investissement sans mécanisme de partage de la valeur au sein de l’entreprise ou de la société", indique le directeur. Geneo a d’ailleurs mis en œuvre un fonds de dotation pour rediriger une partie de la valeur générée par ses activités vers des actions philanthropiques. "Ce partage de la valeur est un sujet qui doit être abordé et traité pour assurer la durabilité des entreprises", a-t-il insisté.

Le pilotage de l’entreprise par les données

Une deuxième table ronde a souligné l’importance de devenir une "data driven company", autrement dit, une entreprise pilotée par les données. Un parti pris qui donne aux sociétés l’opportunité de se transformer dans une économie elle-même en pleine mutation. "La data n’est qu’au service de l’entreprise, elle permet d’abord de se poser les bonnes questions, puis de s’entourer de partenaires", a souligné Quentin Chatard, directeur des marchés ERP chez l’éditeur de logiciels Divalto. Une transformation accomplie par l’entreprise Mov’ntec (40 M€ de CA, 130 collaborateurs), basée à Ruitz (Pas-de-Calais), qui s’est récemment réorientée vers l’électromobilité avec des process différents, des clients différents, porteurs d’attentes différentes, sans oublier le volet humain de cette transformation, à travers les collaborateurs. Une transformation réussie par la PME grâce au pilotage de la donnée. Mov’ntec vient ainsi d’inaugurer une ligne de production dédiée au montage de pick-up utilitaires électriques.

L’IA et la transformation digitale

Les deux tables rondes suivantes ont abordé le sujet de la transformation digitale, avec l’IA en figure de proue. "Nous ne sommes qu’au début de l’IA, a rappelé l’expert en solution numérique et robotique iqanto. Nous assistons à une compétition mondiale pour emmener l’IA vers la reproduction de compétences humaines". Si l’IA et ses multiples applications sont séduisantes pour les entreprises, l’enjeu majeur est celui de la sécurité des données qui lui sont confiées. Mieux vaut se faire accompagner, d’autant qu’il n’est pas simple de se lancer. "Les PME-PMI sont convaincues qu’il faut y aller mais elles ne savent pas par où démarrer", constate de son côté l’expert AWS (Amazon Web Services), une filiale du groupe américain Amazon, spécialisée dans les services autour du cloud.

Réussir sa transformation digitale par l’IA permet d’accélérer nettement la croissance des entreprises. La PME Downs (108 salariés, 15,2 M€ de CA en 2023), basée à Sainte-Marie-Cappel (Nord), en est un parfait exemple. Ce fabricant de machines agricoles a intégré la "Crop vision" à ses engins dédiés à la récolte de pommes de terre. Il s’agit d’un trieur optique, se présentant sous la forme d’une boîte contenant une caméra. Celle-ci est capable de prendre 17 photos par seconde, afin d’analyser puis trier la pomme de terre selon différents critères. Cette innovation a permis à cette PME "de doubler le chiffre d’affaires, avec seulement 25 % d’effectif en plus, souligne Damien Dubrulle, le dirigeant. Nous avons investi beaucoup d’argent pour tout mettre en place, mais nous en gagnons beaucoup plus". Downs est désormais sur un rythme de croissance de 30 à 40 % par an.

De la RSE vers la durabilité

Dernier point abordé, et non des moindres, celui de la RSE, avec le regard de Stéphane Rivoire, directeur de l’activité conseil RSE/ESG chez Endrix, un cabinet d’expertise comptable, d’audit et de conseil. Pour l’expert, la notion de RSE est en train de céder la place à celle de durabilité, "qui renvoie directement à la pérennité des entreprises". Avec la mise en œuvre de la CSRD, une directive européenne visant à améliorer et à harmoniser la divulgation d’informations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) par les entreprises, ces dernières n’ont plus le choix. Elles doivent être transparentes sur leurs risques et impacts, et expliquer comment elles comptent s’adapter. Si la directive concerne les grandes entreprises, ou celles qui sont cotées, ces nouvelles exigences vont s’étendre à leurs fournisseurs. Les PME-PMI ou ETI devront à leur tour mettre en œuvre cette durabilité pour se maintenir dans la chaîne de valeur.

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