"Nous sommes contents d’être evergreen (durable, investi sur le long terme, NDLR) et d’être agile par temps de faible visibilité". Fanny Letier cofondatrice avec François Rivolier de GENEO Capital Entrepreneur se félicite de présenter un bilan 2025 placé sous le signe de la création de valeur pour cette jeune société d’investissement parisienne créée il y a tout juste sept ans. Une véritable performance dans un environnement financier complexifié, selon elle, par les risques de toute nature qui menacent les entreprises, à commencer par le risque cyber qui occupe désormais une place centrale, le risque réglementaire notamment sur le registre de la durabilité et la faible croissance économique.
Trois nouveaux investissements
Le fonds GENEO Capital a ainsi atteint au 31 décembre dernier 553 millions d’euros d’actif net réévalué, réalisant sur l’année trois nouveaux investissements (sur près de 200 dossiers examinés) et quatre réinvestissements pour plus de 50 millions d’euros.
Les nouveaux investissements sont les entreprises Seiven (marché du post mortem) à Rennes, le courtier en assurances belge DAP, et Sterimed (emballage médical) à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Les réinvestissements sont allés aux sociétés Pinette PEI (équipement industriel) à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Hoppen (solutions numériques du parcours patient) à Nanterre (Hauts-de-Seine), Didactic (dispositifs médicaux) en Seine-Maritime et le groupe de transport et logistique BBL (double siège social à Roissy-Charles-de-Gaulle dans le Val-d’Oise et à Saint-Quentin-Fallavier en Isère).
Les deux premières cessions totales
Le portefeuille de GENEO Capital regroupe 24 sociétés, PME et ETI — dont environ un tiers dans l’industrie — lesquelles ont réalisé 12 opérations de croissance externe en 2025 dont 5 à l’international.
GENEO a versé cette même année son premier dividende "dont 42 % ont été réinvestis dans le fonds GENEO Capital", précise Fanny Letier. La société d’investissement a par ailleurs réalisé deux cessions totales : l’entreprise parisienne Human & Work, premier groupe de conseil européen sur les enjeux de l’Humain au travail, cédée au groupe canadien Telus Health ; et le cabinet de conseil RH lui aussi parisien ConvictionsRH, racheté par Mercer France.
Montée en puissance du flexequity
L’autre bras armé de GENEO est son fonds Mezzanine, qui met en musique le flexequity (combinaison de dette sous forme d’obligations et d’actions), et permet aux entreprises familiales et patrimoniales "de financer leur croissance en conservant leur indépendance", insiste Fanny Letier. Cette activité a connu une forte croissance en 2025 pour plus de 55 millions d’euros avec un réinvestissement et quatre investissements : Enygea (hygiène mobile) dans le Nord, le parisien My Variations (brosses à dents électriques), le groupe parisien MLab (biologie médicale), le groupe Pastacorp (pâtes Lustucru Rivoire & Carret) à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Développement européen
GENEO Capital Entrepreneur a pris par ailleurs en 2025 le tournant de son internationalisation en Europe, en déployant son modèle en Italie et en Belgique. La société d’investissement veut pour cela "structurer un écosystème fondé sur une communauté locale et des partenariats ciblés" explique Fanny Letier. Une stratégie déclinée avec un premier partenariat avec Riello Investimenti à Milan pour "identifier des opportunités de co-investissement sur des entreprises emblématiques du made in Italy", précise Fanny Letier, et en Belgique, avec un premier investissement (le courtier familial en assurance DAP). GENEO espère concrétiser cette année d’autres partenariats en Allemagne, en Suisse et dans le nord de l’Europe.