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Lebronze Alloys enchaîne les acquisitions pour doubler de taille d’ici cinq à six ans
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Lebronze Alloys enchaîne les acquisitions pour doubler de taille d’ici cinq à six ans

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Avec quatre acquisitions en moins d’un an, le marnais Lebronze Alloys s’est renforcé sur son cœur de métier, le marché des matériaux avancés. L’entreprise visera ensuite plutôt des rachats sur des axes complémentaires à son activité. Des opérations nombreuses que Lebronze Alloys combine à des manœuvres de structuration pour consolider sa croissance.

Lebronze Alloys emploie près de 1000 salariés, pour un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros — Photo : Lebronze Alloys

Allied Copper Alloys (17 salariés ; CA : NC) au Royaume-Uni et AW Fraser (200 salariés ; CA : NC) en Nouvelle-Zélande, en avril 2025. Puis le sarthois M Lego (85 collaborateurs ; CA 2024 : 34 M€) en juillet. Suivis du marnais Manufacture pour l’Extrusion d’Alliages (15 salariés ; 10 M€ de CA) en octobre. Le leader sur le marché des matériaux avancés marnais Lebronze Alloys a enchaîné quatre acquisitions en moins d’un an. Une accélération qui intervient près d’un an après avoir accueilli comme actionnaire majoritaire Astorg, une société de Private Equity de dimension européenne. "Le business plan sur lequel Astorg se positionne est celui du développement", lance Didier Pitot, responsable des fusions et acquisitions chez Lebronze Alloys. "Nous tablons sur un doublement de taille par rapport à aujourd’hui, dans les cinq, voire six années qui viennent", confirme Marie de Saint Salvy, PDG de l’entreprise, nommée en septembre 2025.

Basée dans la Marne, l’ETI Lebronze Alloys espère doubler son activité d’ici cinq à six ans — Photo : Lebronze Alloys

Consolider le métier

"Nous avons fini une vague d’acquisitions qui était très spécifique. Elle consistait à consolider une partie du métier avec des secteurs de niches", explique Marie de Saint-Salvy. Opérant depuis Suippes, dans la Marne, Lebronze Alloys (CA : 300 M€ ; 1 000 employés) possède neuf sites industriels, pour une quinzaine de sites au total, situés en Asie, en Europe, aux États-Unis et en Océanie. Spécialisée dans la fabrication intégrée d’alliages cuivreux et de nickel, l’ETI est présente dans le secteur de l’aéronautique, avec des clients comme Airbus et Safran, mais également dans les secteurs du nucléaire, de la Défense et des réseaux d’énergie.

Lebronze Alloys a opéré quatre acquisitions en moins d’un an, peu après son rachat par le fonds Astorg — Photo : Lebronze Alloys

"La première vague d’acquisitions nous a conduits à compléter notre dispositif sur les produits non extrudés (les pièces non fabriquées par extrusion, procédé où un matériau est poussé à travers un moule pour lui donner une forme continue et uniforme, NDLR), avec l’acquisition d’AW Fraser puis d’Allied Copper Alloys ". Fondé en 1939, AW Fraser est un concepteur et producteur de produits en alliages de cuivre de spécialité. Quant à Allied Copper Alloys, l’entreprise est spécialisée dans le refondage de précision et la distribution de bandes en aciers spéciaux et alliages de cuivre. Les deux entreprises étaient dans des logiques de préparation de la transition par les dirigeants.

"D’un côté, nous avons une feuille de route avec Astorg, et de l’autre côté, nous avons un marché avec beaucoup d’entreprises en transmission"

"Puis M Lego a également complété notre gamme dimensionnelle d’extrudés", poursuit Didier Pitot. Établissement sarthois fondé en 1984, la PME est spécialisée dans la production et la commercialisation d’alliages de cuivre de haute qualité sous forme de produits semi-finis, tels que des barres rondes, profilés et autres sections sur mesure. "D’un côté, nous avons une feuille de route avec Astorg, et de l’autre côté, nous avons un marché avec beaucoup d’entreprises en transmission", observe Didier Pitot. Enfin, la Manufacture pour l’Extrusion d’Alliages (MEA) renforce le marnais sur l’extrusion. "Les produits extrudés représentent une partie importante de notre production. L’expertise de MEA complète nos dispositifs, avec plus de précision", décrit Didier Pitot.

Chercher des axes complémentaires

Sur le plan des acquisitions, "ce que nous allons chercher maintenant, ce sera beaucoup plus des axes complémentaires au marché et des certifications différentes", vise Marie de Saint Salvy. Tout en restant centrée sur les alliages spécifiques en métallurgie critique, Lebronze Alloys pourrait trouver encore de nouvelles applications pour ses produits dans l’aéronautique, avec les changements de générations d’avion et l’arrivée des moteurs hybrides, par exemple. Plus encore, "il y a d’autres alliages spécifiques qui utilisent le savoir-faire en métallurgie critique de LBA, avec sans doute moins de cuivre et plus de nickel aujourd’hui. Ils servent pour le développement nucléaire et les réseaux énergétiques, avec tous les enjeux de corrosion sous contrainte", précise Marie de Saint Salvy.

Géographiquement, ces acquisitions pourraient avoir lieu en Amérique, en Asie ou en Europe. "Il y a des endroits où nous avons envie d’être plus présents. Par exemple, nous avons déjà une filiale de services aux États-Unis, mais on doit se dire que c’est très grand, nous pourrions y être plus présents. Il y a aussi certains pays européens où nous souhaitons nous positionner", avance Didier Pitot.

Le siège de Lebronze Alloys se situe à Suippes, dans la Marne — Photo : Lebronze Alloys

Intégrer les nouvelles acquisitions

"Intégrer est au moins aussi important que de se financer. Cela demande beaucoup de temps en amont, pour préparer, par exemple en lançant des projets en commun", indique Didier Pitot. Le processus d’intégration pensé par Lebronze Alloys varie en fonction de la taille des nouvelles sociétés. "En général, il y a un manuel d’intégration, avec une checklist de ce qu’on intègre, par exemple l’ERP pour la finance. Mais sur une petite acquisition comme MEA, qui est très petite et technique, on va surtout ne pas chercher à déstabiliser en lui ajoutant des process. Par contre, AW Fraser est intégrée comme une nouvelle grosse usine", appuie Marie de Saint Salvy.

Lebronze Alloys prévoit une nouvelle acquisition d’ici fin 2026 — Photo : Lebronze Alloys

Une nouvelle acquisition d’ici fin 2026

À ce stade, l’entreprise espère boucler une nouvelle acquisition avant fin 2026. "Tant que nous avons du business, des perspectives et une rentabilité qui fonctionne, notre actionnaire nous accompagnera autant que nécessaire. Nous restons sur la même trajectoire", ajoute Didier Pitot. En prenant le temps d’intégrer les nouvelles sociétés acquises notamment, l’ETI souhaite en parallèle continuer à solidifier sa croissance. "Il faut garder en tête que des acquisitions excessives peuvent déstabiliser, voire mettre à risque une entreprise. Je l’ai vécu dans d’autres postes donc il faut aussi savoir accélérer, freiner, respirer, etc.", mesure la PDG. "L’objectif est également de sécuriser les clients : ils veulent un groupe solide financièrement, mais aussi dans son fonctionnement, et géographiquement », vise Didier Pitot.

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