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Le groupe marnais Lebronze alloys entre en négociations avec un fonds luxembourgeois
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Le groupe marnais Lebronze alloys entre en négociations avec un fonds luxembourgeois

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Le spécialiste des alliages cuivreux Lebronze alloys, employant 710 salariés et basé à Suippes (Marne), s’apprête à céder une part majoritaire de son capital au fonds luxembourgeois Astorg. Les deux parties ont annoncé ce 8 octobre être entrées en négociations exclusives.

Lebronze alloys compte neuf sites de production dont trois fonderies situées à Suippes (Marne), Bornel (Pas-de-Calais) et Lüdenscheid (Allemagne) — Photo : Lebronze alloys alliage

Installé à Suippes (Marne), à l’est de Reims, Lebronze alloys est le modèle d’ETI familiale, fortement exportatrice, que les pouvoirs publics français rêveraient de voir se multiplier. Ce fabricant d’alliages cuivreux à haute valeur ajoutée (barres, tiges, plaques, bobines, etc.) a annoncé le 8 octobre dernier être entré en négociations exclusives avec la société d’investissement luxembourgeoise Astorg, en vue de lui céder une participation majoritaire.

La famille Dumont conserve des postes stratégiques

Michel Dumont, président du groupe de 710 salariés (239 M€ en 2023 de CA), réinvestirait au capital tout en conservant un fauteuil de président exécutif du conseil d’administration. Sa fille, Alexandra Dumont, garderait pour sa part la direction générale, tandis que l’équipe de management monterait au capital.

Pour Nicolas Marien, membre de l’équipe d’investissement d’Astorg, cette opération viendrait conclure 9 mois de discussions bilatérales "ainsi qu’un travail en profondeur de la part d’Astorg pour identifier des sociétés dans le secteur des matériaux de spécialités, sous-segment prioritaire de notre stratégie industrielle". La transaction dont le montant n’a pas été communiqué, est encore suspendue aux approbations réglementaires et processus d’information-consultation des représentants du personnel.

Recentrage dans les alliages de spécialité

Cette transition dans la continuité était appelée de ses vœux par Michel Dumont, repreneur en 2006 du métallurgiste français, alors fortement endetté. Astorg est "le partenaire idéal pour mener à bien notre stratégie et créer de nouvelles opportunités de croissance", commente-t-il. Ces dernières années, le dirigeant de 62 ans s’était attaché à recentrer l’activité de Lebronze alloys autour des alliages de spécialité, à plus forte valeur ajoutée, réduisant son portefeuille de 300 à 200 alliages et privilégiant les produits entrant dans une logique de certification (santé, aéronautique, électronique). Ce recentrage s’est accompagné de fermetures de sites, à l’instar de celui de Custines (Meurthe-et-Moselle), une usine de 32 salariés arrêtée fin 2022. Présent dans l’aéronautique, l’énergie, l’électronique, la santé, l’automobile et le luxe, Lebronze alloys compte actuellement neuf sites de production dont trois fonderies implantées à Suippes (Marne), Bornel (Pas-de-Calais) et Lüdenscheid (Allemagne).

Du leadership européen au leadership mondial

Avec plus de 24 milliards d’euros d’actifs, Astorg se donne de son côté cinq ans pour atteindre trois principaux objectifs. Le premier vise à conquérir de nouveaux marchés où les alliages de Lebronze alloys sont actuellement peu utilisés comme le spatial ou encore les bornes de recharge pour véhicules électriques. Le deuxième consiste à dupliquer le leadership européen du groupe aux États-Unis et en Inde. En effet, Lebronze alloys réalise à l’heure actuelle 60 % de son chiffre d’affaires sur le Vieux continent. Pour appuyer cette dernière ambition, Astorg souhaite enfin créer davantage de proximité avec ses clients en installant des centres de services sur ses principaux marchés. Un premier centre est déjà en activité en Grande-Bretagne, un deuxième est en cours d’ouverture à Breteuil (Oise) pour servir l’Europe continentale. D’autres devraient suivre aux États-Unis, en Chine et en Inde.

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