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Microphyt inaugure la première bioraffinerie de microalgues au monde
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Microphyt inaugure la première bioraffinerie de microalgues au monde

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Producteur d’ingrédients naturels tirés des microalgues, l’héraultais Microphyt arrive au terme d’un projet européen de 25 millions d’euros lui permettant de passer à l’échelle industrielle. En capacité maximale, il produira jusqu’à 100 fois plus de volumes pour le secteur des compléments alimentaires et de la cosmétique.

Microphyt va pouvoir produire jusqu’à 100 tonnes par an d’ingrédients actifs naturels — Photo : Microphyt

La maturation industrielle de Microphyt (60 salariés) peut se lire à travers la courbe de croissance de ses capacités productives : le spécialiste des ingrédients actifs naturels à base de microalgues additionne les systèmes de culture, appelés photobioréacteurs (des structures tubulaires de 5 000 litres), depuis sa création en 2007. La PME a commencé par deux de ces systèmes, avant d’atteindre peu à peu le seuil des 26 photobioréacteurs installés dans sa première unité, située à Baillargues (Hérault) près de Montpellier.

Puis, sélectionnée en 2021 pour le projet européen "Scale", Microphyt a reçu par ce biais les soutiens financiers et technologiques nécessaires pour bâtir un nouveau bâtiment adjacent au premier, et doté de 27 nouveaux photobioréacteurs d’une capacité de 7 000 litres.

Détails d’une installation de photobioréacteurs — Photo : Microphyt

Un saut productif et scientifique

Première bioraffinerie industrielle au monde dédiée à la production de microalgues, le nouveau bâtiment porte la superficie totale de Microphyt à 5 000 m2. Long de 48 mois, le projet Scale a mobilisé un investissement de 25 millions d’euros, dont 15 millions apportés par l’Europe et par le Consortium des industries biosourcées, un partenariat public/privé associant 12 acteurs issus de 4 pays européens.

Ainsi, des industriels tels que les français Chanel et Lallemand, ou le belge Hedelab, ont accompagné le process en testant les solutions de Microphyt en phase d’essais. "Depuis l’origine, Microphyt utilise l’intelligence de la nature pour produire des solutions naturelles efficaces. Mais la fin du projet Scale est pour nous un aboutissement en termes de structuration. Il nous permet de monter en puissance à la fois sur le plan de la R & D et de la production", résume Vincent Usache, directeur général de la PME.

La nouvelle usine porte la surface de la PME à 5 000 m2 — Photo : Microphyt

Un nouveau modèle économique

À cette occasion, Microphyt change de business model : l’entreprise ne produisait jusqu’ici que de la biomasse sur mesure. Avec le soutien de Scale, elle s’est aussi dotée d’un parc machines (extracteurs-distillateurs, centrifugeuses, systèmes membranaires…) pour faire de l’extraction, en transformant cette biomasse en actifs. Elle pourra ainsi produire jusqu’à 100 tonnes par an d’ingrédients actifs naturels. "Nous disposions déjà d’un système d’extraction à l’échelle de pilote. Avec Scale, nous passons à l’échelle industrielle, avec des volumes multipliés par 100 à capacité maximale. D’autant plus que les procédés ne sont plus travaillés par lots, mais en continu", précise Rémi Pradelles, directeur innovation de Microphyt, rajoutant que la PME peut cultiver 18 espèces de microalgues au stade industriel à ce jour.

Un portfolio appelé à grossir

Enfin, l’inauguration du site marque l’accélération commerciale de Microphyt. Le projet Scale a aussi aidé Microphyt à développer et valider 11 ingrédients bioactifs, destinés à diverses applications de santé et de bien-être. Son objectif désormais est de lancer 3 ingrédients par an, chacun d’eux réclamant 18 mois de R & D. "Nous nous concentrons sur plusieurs sujets tels que la prévention du déclin cognitif, la santé osseuse ou la cosmétique", énumère Vincent Usache.

De fait, la PME a commencé à fournir une cinquantaine de fabricants, répartis dans 15 pays, même si les États-Unis, plus gros marché mondial pour les compléments alimentaires, absorbent l’essentiel de cette production. Sous peu, Microphyt va aussi densifier son activité au Japon et en Corée du Sud, deux marchés jugés porteurs en cosmétique.

Montpellier # Agroalimentaire # Santé # Parfum et cosmétique # Investissement industriel # Innovation # International # PME