Elle fait partie du top 3 européen. La plateforme nazairienne Algosolis, dédiée à la production préindustrielle de microalgues, porte comme raison d’être de créer des liens entre le milieu de la recherche, et les industriels intéressés par les avancées du secteur. Si cette ambition initiale semble être remplie avec une dizaine de contrats signés par an, Algosolis veut aujourd’hui aller plus loin. Elle lancera à la rentrée prochaine des formations à destination des professionnels du secteur. "Une première session de trois jours aura lieu en septembre sur la production contrôlée des microalgues. Une deuxième, le mois suivant, portera sur leur bioraffinage, soit l’extraction de molécules d’intérêt", décrit Pascal Jaouen, directeur délégué de la plateforme Algosolis. Ces formations s’adresseront autant aux startupers qu’à de grands groupes industriels "Elles auront lieu minimum deux fois par an", ajoute Pascal Jaouen.
Un centre à l’équilibre financier
Ces formations constitueront une nouvelle source de revenus pour Algosolis. Il faut dire que dès sa création en 2015, ce centre d’excellence avait pour mission d’atteindre l’équilibre financier, sans dépendre des subventions publiques. "Au lancement, nous étions financés par nos deux tutelles, Nantes Université et le CNRS, ainsi que par la région", liste Pascal Jaouen. Mais Algosolis ne devait pas être un puits sans fond. Depuis trois ans, la plateforme est à l’équilibre, avec entre 6 et 10 salariés suivant les saisons de culture dans l’année, pour un chiffre d’affaires de 700 000 euros. "Nous travaillons avec une vingtaine d'entreprises. Notre réussite est liée à une science de très haut niveau. De plus, nos chercheurs enseignent aussi à l’IUT ou en école d’ingénieurs, ce qui crée des liens avec les industriels", soulève Pascal Jaouen.
La santé et l’écologie industrielle
Les microalgues émergent aujourd’hui dans de nombreux domaines, des matériaux, aux carburants, en passant par l’aquaculture. "Il y a deux domaines aujourd’hui très prometteurs. Tout d’abord la santé, où les microalgues servent autant de compléments alimentaires, qu’à lancer des études cliniques en santé animale ou santé végétale", explique Pascal Jaouen. Dans ce domaine de prédilection, le laboratoire de Saint-Nazaire a déjà fait émerger la start-up Algosource, spécialisée dans la conception de compléments alimentaires. C’est aujourd’hui une PME de plus de vingt personnes. Le second terrain de jeu d’Algosolis concerne l’écologie industrielle. "Cela peut être par exemple la valorisation de la chaleur fatale, issue d’industries comme des cimentiers, qui peut permettre de chauffer des bassins et ainsi faire pousser des microalgues", détaille Pascal Jaouen.
Si Algosolis n’a pas vocation à énormément grandir en interne, elle pourrait créer un effet boule de neige au sein de l’estuaire nazairien. "On aura réussi si plus d’entreprises viennent s’installer sur le territoire", appuie Pascal Jaouen. À l’image d’Algolight, une entreprise lyonnaise spécialisée dans l’ingénierie des procédés, qui travaille sur un photo-bioréacteur dédié à la culture des microalgues. "Ils ont fini par implanter tout leur environnement scientifique et leur recherche à Saint-Nazaire", souligne Pascal Jaouen qui se réjouit de cette émulation collective. "Il y a toujours une ou deux entreprises de passage à Algosolis".