« Refuser des commandes parce que vous n'avez pas le personnel pour les assurer, c'est vraiment très dur à vivre. » Pour le directeur de production de Hydro Leduc, Bruno Joly, plus question de revivre cette situation : les difficultés à embaucher ne devraient jamais être un frein au développement. « Pour vous donner une idée de l'ampleur du problème, je suis allé cette année devant des classes de Bac Pro technicien d'usinage, qui est notre filière traditionnelle de recrutement, pour présenter l'entreprise, expliquer que nous recrutons », dévoile Bruno Joly. « Résultat : pas un seul CV, pas une seule demande » pour aller travailler dans cette entreprise affichant 37 M€ de CA et embauchant 210 personnes à Azerailles, à quelques minutes de Lunéville. Le directeur général de Hydro Leduc, Sandra Renaud, a eu l'occasion d'interpeller le préfet de Meurthe-et-Moselle à ce sujet : à peu près à la même époque, à l'initiative de la présidente du Medef de Meurthe-et-Moselle, Christine Bertrand, l'État et l'organisation patronale signaient une convention cadre pour favoriser l'emploi dans le département. Concrètement, il s'agissait surtout de mettre du liant entre toutes les structures s'occupant de la délicate question de l'emploi pour arriver à simplifier et à assouplir les procédures administratives.
Des candidats motivés
C'est l'Association perspectives et compétences (APC), qui s'est chargée du dossier de Hydro Leduc. Créée en 1999 par les Medef Meurthe-et-Moselle et Vosges, cette structure a sélectionné des demandeurs d'emplois puis a organisé leur formation à l'AFPI (Association de formation des professionnels de l'industrie) sous contrat de professionnalisation. « Lors de la première session, sur 12 personnes sélectionnées, 5 sont en aujourd'hui en CDI », détaille Bruno Joly. « Pour la deuxième session, je suis quasiment certain que les trois personnes sélectionnées seront embauchées ». Le directeur de la production a aussi pu valider le plan de formation : « Nous étions sécurisés par rapport à la qualité de la formation ainsi que sur la motivation des candidats », souligne Bruno Joly. Concrètement, l'APC permet à des demandeurs d'emploi de remettre le pied à l'étrier : un public qui n'a pas besoin de long discours pour savoir combien l'accès à l'emploi est précieux. « Nos produits reposent sur le savoir-faire de nos employés », insiste Bruno Joly. « Donner nos pompes à des Chinois, ils pourront les copier, mais pas les faire fonctionner. » Réalisant déjà 65 % de son chiffre d'affaires à l'export, Hydro Leduc cherche à s'internationaliser plus encore, notamment vers des pays où ces produits 100 % Made In Azerailles destinés aux véhicules industriels en général et plus particulièrement aux machines agricoles trouveront des marchés porteurs. « C'est un secteur plus porteur que les engins de TP », assurait Sandra Renaud. « Si les grands projets d'infrastructures peuvent s'essouffler, il faudra toujours nourrir l'humanité ».
Sur des marchés exigeants
Chaque année, Hydro Leduc investit 6 % de son CA pour maintenir son outil de production au meilleur niveau. Fin 2012, la société a injecté 3 M€ pour agrandir de 4.200 m² les 9.000 m² des ateliers historiques. Des efforts qui permettent à l'entreprise de rester compétitive mais aussi de percer sur des marchés compliqués comme la micro-hydraulique, où les pièces sont usinées au micron près, et de fournir des outils de recherches destinés à l'industrie du pétrole.
Hydro Leduc
(Azerailles - 54) CA : 37 M€ Effectif : 210 Contact : hydroleduc.com