Les vins effervescents de Lorraine décrochent leur IGP
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Les vins effervescents de Lorraine décrochent leur IGP

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Après avoir frôlé la disparition, le petit terroir viticole lorrain se refait une santé, comme en témoigne l’obtention de haute lutte, ce mois d’octobre, d’une indication géographique protégée (IGP) pour ses vins effervescents.

La nouvelle IGP représente un quart de la production des viticulteurs lorrains — Photo : Audrey Krommenacker

Les vins mousseux produits dans les départements de Moselle, Meurthe-et-Moselle et Meuse peuvent désormais se prévaloir d’une "IGP Lorraine" (Indication géographique protégée). La Commission européenne a validé ce mois d’octobre le dossier porté depuis dix ans par l’association des Vignerons de Lorraine, l’organisme de défense et de gestion (ODG) de l’appellation. "On pensait que cette demande n’aboutirait jamais ! C’est une reconnaissance qui devrait augmenter la notoriété de nos produits auprès des négociants, restaurants, bars à vins, etc.", se réjouit Angélica Oury, présidente de l’association. Ces vins effervescents fabriqués selon une technique similaire au crémant, avec une seconde fermentation en bouteille, représentent un quart de la production des viticulteurs lorrains, soit 2 396 hectolitres pour 51,3 hectares de vignes en 2023.

Opportunité de planter des cépages plus résistants

À la tête du Domaine Oury-Schreiber, Angélica Oury ne s’attend toutefois pas à une hausse spectaculaire de la production chez les douze producteurs de raisins, 32 récoltants vinificateurs et trois structures coopératives ou de négoce concernées par le fameux sésame. L’appellation devrait toutefois donner davantage de visibilité aux vins effervescents du petit terroir situé au voisinage des crémants d’Alsace, vins de Champagne et crémants de Bourgogne. Par ailleurs, l’IGP offre aux vignerons l’opportunité de planter de nouveaux cépages pour faire des vins à bulles, augmentant ainsi la résistance du vignoble aux maladies.

Le projet initié par l’association des Vignerons de Lorraine a mis près de dix ans avant d’arriver à maturation — Photo : Audrey Krommenacker

Le projet lancé par l’ancien président de l’ODG, Jean-Marc Liénard, vigneron au domaine de Muzy (Meuse), a mis près de dix ans avant d’arriver à maturation. Il a dû surmonter des obstacles parmi lesquels le recours déposé fin 2021 par la Fédération nationale des producteurs de crémant exigeant l’annulation de l’arrêté interministériel homologuant le cahier des charges de l’IGP Lorraine.

Recherche des déclarations de récoltes dans les mairies

Amandine Rivière, animatrice au sein de l’ODG, évoque les recherches entreprises en vue de défendre le dossier lorrain en démontrant l’existence d’une production de vins mousseux en Lorraine depuis plusieurs décennies. "Nous sommes allés jusque dans les mairies exhumer les déclarations de récoltes déposées par les viticulteurs, avec l’objectif de reconstituer les volumes théoriques de production sur vingt ans, avant les années 2000", note-t-elle. L’IGP "Lorraine" devrait par ailleurs donner un coup de projecteur sur les trois autres appellations régionales, pas forcément bien identifiables sur une carte pour les non-initiés.

AOC Côtes de Toul, AOC Moselle et IGP Côtes de Meuse

Il s’agit de l’IGP Côtes de Meuse (40 hectares) dont les vins s’écoulent assez facilement sur un marché de proximité, de l’AOC Moselle (80 hectares) parmi lesquels les crus du Domaine Molozay, premiers vins lorrains à figurer dans Le Guide des meilleurs vins de France, et enfin de l’AOC Côtes de Toul (120 hectares) qui s’exporte notamment aux États-Unis.

Une revanche symbolique pour le territoire lorrain qui comptait près de 40 000 hectares à la fin du XIXe siècle, soit trois fois plus qu’en Alsace à la même période et qui a inventé à cette époque, à l’Institut viticole de Laquenexy (Moselle), le cépage auxerrois.

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