Porté par les professionnels du secteur agricole, le cluster Nov&atech a présenté mercredi 2 mars sur le site de l'unité de méthanisation Capik (Ikos Environnement) à Fresnoy Folny (76) les contours du projet PCBIOD; "projet collaboratif" qui doit permettre d'établir la viabilité d'une "filière de traitement des biodéchets et de valorisation en énergie par méthanisation à l'échelle de la Normandie, issus des gisements agroalimentaires".
Etablir une filière compétitive
L'enjeu, précise la directrice de Nov&atech, Stéphanie Raux, "consiste à obtenir dans les deux ans une réponse sur la question de la compétitivité d'une telle filière à l'échelle de la Normandie". Labellisé par le Pôle de compétitivité @email, le projet est soutenu par l'Ademe, l'AREA Normandie (Association régionale des entreprises de l'agroalimentaire), la Région Normandie et plusieurs acteurs de la méthanisation et du traitement des déchets comme Ikos Environnement (groupe Lhotellier), Biogaz de Gaillon, DIB Services et Agri Energie.
Vers l'intégration dans le process de méthanisation des déchets "conditionnés"
Si le process de méthanisation est déjà éprouvé, la question se pose de l'intégration des déchets dits "conditionnés" issus de la grande distribution, des cantines ou encore provenant des industriels eux-mêmes. "Les déconditionneurs existent, mais la "soupe" qui en résulte (le digestat, utilisé pour fertiliser les sols) n'est aujourd'hui pas suffisamment propre pour partir en méthanisation", explique Stéphanie Raux. La feuille de route est donc toute tracée: parvenir à un process capable de produire "une soupe propre" et travailler à l'optimisation de la logistique pour aboutir à une filière compétitive.
Quarante unités de méthanisation en Normandie
Pour les acteurs de la méthanisation, l'heure est à la recherche de nouveaux gisements qui assureront demain l'activité des unités existantes et qui permettront, pourquoi pas, l'éclosion de nouveaux projets. Le territoire normand compte actuellement une quarantaine d'unités de méthanisation.