L'exercice 2009 s'est soldé par des taux de marge brute (EBE/VA) dégradés, «- 3 points, ce qui n'est pas négligeable», souligne Philippe Jeannel, directeur régional de la Banque de France. L'industrie, le commerce et, dans une moindre mesure, le bâtiment ont été les plus touchés. Ont le mieux traversé la crise, les entreprises qui ont bénéficié de la baisse des coûts de l'énergie et des matières premières au premier semestre, et qui ont engagé des plans d'ajustement de leur activité, de leurs frais de structures et de leurs effectifs pour maintenir ou améliorer les marges brutes.
Moral en hausse
La remontée de l'activité et du moral des dirigeants a été confortée à partir de juin2010 avec l'amélioration de la visibilité qui a stimulé les embauches d'intérimaires. Les entreprises industrielles exportatrices -en particulier les biens d'équipement et les biens intermédiaires- bénéficient nettement de la reprise dans les pays émergents. Mais si les chefs d'entreprise ont retrouvé un bon niveau de visibilité de leur activité et que les carnets de commandes s'étoffent, les marges risquent de stagner. «Car l'accès aux marchés devient plus compétitif, la bataille se joue sur les prix», observe Philippe Jeannel. La tendance est très nette dans le secteur du BTP qui a d'abord craint le pire avec l'arrêt du plan de relance et finalement a retrouvé un niveau correct d'activité. Mais il se retrouve face à une guerre des prix qui risque d'affecter les marges du secteur et d'effriter celles de ses sous-traitants.
Malgré la reprise observée depuis la moitié de l'année 2009 du niveau d'activité, les marges risquent de stagner en 2010, sous l'effet de la bataille des prix. Les entreprises qui ont le mieux traversé la crise sont celles qui ont bénéficié de la baisse des coûts de l'énergie et des matières premières au premier semestre et qui ont engagé des plans d'ajustement de leur activité, de leurs frais de structures et de leurs effectifs.