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La situation des artisans du bâtiment ne s’aggrave pas mais reste dégradée dans les Pays de la Loire
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La situation des artisans du bâtiment ne s’aggrave pas mais reste dégradée dans les Pays de la Loire

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Marges, trésoreries, carnets de commandes… Les indicateurs conjoncturels du bâtiment restent dégradés, mais stables par rapport à 2024, dans l’enquête annuelle menée par la Capeb Pays de la Loire. En revanche, si la conjoncture ne se détériore pas, le climat d’inquiétude pèse lourdement sur l’artisanat du bâtiment.

Le moral des artisans du bâtiment continue de se dégrader dans un climat économique et politique instable — Photo : Noble Nature

L’activité des entreprises du bâtiment ne redémarre pas dans les Pays de la Loire. C’est l’enseignement principal du baromètre de conjoncture régional 2025 réalisé par la Capeb (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment). Plutôt qu’à une nouvelle dégradation des indicateurs conjoncturels, c’est à leur stabilisation à un niveau bas que l’on assiste.

Les chiffres d’affaires restent sous pression. 40 % des entreprises ont un chiffre d’affaires qui stagne, 35 % le voient diminuer. Les marges n’affichent pas de croissance. Bien au contraire, elles diminuent pour 31 % des entreprises, un nombre en progression de trois points par rapport à 2024. La tendance à la baisse des trésoreries s’intensifie et le manque de visibilité sur les carnets de commandes persiste. Il est de moins de trois mois pour près de la moitié des entreprises.

Pour résister les artisans élargissent leur périmètre d’intervention (à 70 km, c’est la distance la plus importante depuis dix ans) et reportent leurs investissements.

Des artisans fatigués et démoralisés

64 % des entreprises estiment que la conjoncture fragilise ou met en péril leur entreprise, invoquant l’instabilité politique et la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

Dans ce climat, tendu, 20 % des entreprises envisagent de cesser leur activité, un niveau jamais atteint ces dix dernières années. Les motifs de cessation évoluent. Le départ à la retraite recule de quatre points (39 %). Le choix personnel s’installe durablement dans les premières causes d’arrêt de l’activité. 42 % des entreprises font ce choix par fatigue physique et morale. Surtout, le motif économique bondit de 13 points (28 %) depuis 2023.

Pas de relais de croissance

La rénovation énergétique et l’adaptation des logements devraient porter l’activité, mais cela n’est pas le cas. Les entreprises qui ont investi ces marchés ne voient pas leur activité décoller, voire subissent des freins, comme l’allongement des délais de traitement de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). Les entreprises se disent également confrontées à la concurrence d’entreprises commerciales, proposant des travaux de rénovation énergétique qu’elles sous-traitent ensuite. Les entreprises, qui ne sont pas positionnées sur ces marchés, ne les voient donc pas comme des relais de croissance potentiels et n’envisagent pas de diversifier leur activité.

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