Quelle est la situation économique des TPE/PME des Bouches-du-Rhône ?
Notre enquête, réalisée auprès d’une centaine d’adhérents représentatifs de la diversité de nos entreprises, montre que l’inquiétude est là. Nous avons senti nos dirigeants sous pression et inquiets. Ils sont près de la moitié (48,4 % exactement) à prévoir une baisse de leur activité et 57,2 % à se dire impactés par l’incertitude économique. Les marges des entreprises stagnent, voire baissent et près de 70 % des chefs d’entreprise interrogés (67,9 %) anticipent un ralentissement de leurs embauches.
Comment les trésoreries se portent-elles ?
C’est peut-être ce qui ressort principalement de cette enquête : les trésoreries sont en tension. Ainsi, ils sont 44 % à constater une dégradation de leur trésorerie. Encore ce matin (28 février), je me suis entretenue avec un client affolé, qui ne savait s’il allait pouvoir payer ses salariés, faute d’avoir été payé dans les temps par un client. Ces problèmes de trésorerie minent le moral de nos dirigeants et ces problèmes reposent, pour certains, sur le non-respect des délais de paiement. Il faudrait pouvoir trouver une solution.
Quelles sont leurs attentes ?
Je tiens d’abord à souligner que nos TPE/PME, malgré les difficultés, recherchent des solutions, innovent. Ce n’est pas dans leur nature d’aller directement au dépôt de bilan, ils recherchent avant tout des solutions pour résister. Et, c’est là qu’ils ont besoin de mieux connaître les dispositifs d’aides de l’État, des dispositifs qui sont là pour les accompagner en cas de difficultés, mais aussi d’autres qui sont là pour les aider à innover, à se développer.
Leur attente générale est de pouvoir travailler dans un cadre plus serein. Ils demandent davantage de visibilité, de sérénité. S’il n’y avait qu’un message à retenir, ce serait celui-ci : laissez-nous travailler et ne nous mettez pas systématiquement des freins.
Les dirigeants anticipent-ils suffisamment les difficultés ?
Les difficultés, nos entreprises les connaissent et leur taille est gage d’agilité. Néanmoins, ils ne sont pas toujours dans l’anticipation car leur priorité est de mener un combat quotidien.
Quel est votre message en tant qu’organisation syndicale ?
Notre message est clair : nos TPE/PME paient assez de charges, elles sont nombreuses (81,5 %) à attendre des pouvoirs publics des réductions fiscales. Enfin, elles demandent une simplification administrative : un chef d’entreprise ne peut se permettre, en plus de ses problématiques du quotidien, de devoir faire face à la complexité administrative.
Nos élus doivent prendre conscience que toute nouvelle taxe, tout changement de calcul, chaque nouvelle réglementation demande du temps. Ainsi, la mise en œuvre de la facturation électronique. Elle a été décalée à 2026, mais 2026, c’est demain ! Les dirigeants auront besoin d’être accompagnés, cela risque d’engendrer un coût supplémentaire en termes financiers mais aussi en termes de temps.
Un sujet fait l’actualité, la décarbonation de l’économie, notamment en Région Sud avec de grands projets à Fos-sur-Mer. Ces projets profitent-ils aux TPE/PME ?
Quel que soit le sujet, même si ce sont les grands groupes qui semblent les premiers concernés, il ne faut pas oublier que ces groupes s’appuient sur un tissu de sous-traitants, donc nos TPE/PME sont aussi concernées. Tous ces projets montrent que les choses bougent, mais les effets ne seront pas immédiats.
Quelles actions concrètes allez-vous mettre en œuvre au niveau de la CPME 13 ?
Au-delà de l’écoute et de notre combat en tant qu’organisation syndicale, nous avons constaté, via notre enquête, que 41,9 % des dirigeants interrogés disent ne pas connaître les dispositifs publics pour les aider. À titre d’exemple, seulement 10,9 % d’entre eux ont bénéficié d’un accompagnement à leur digitalisation. C’est trop peu. Nous allons leur apporter les informations et surtout les réunir autour d’ateliers pratiques pour les aiguiller vers les bons dispositifs en fonction de leurs besoins. Nous allons être à leurs côtés pour qu’ils soient proactifs.