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Les chefs d’entreprise bretons se disent pessimistes pour 2026
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Les chefs d’entreprise bretons se disent pessimistes pour 2026

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En 2025 l’économie bretonne a ralenti et les chefs d’entreprise se montrent pessimistes pour 2026. D’après le baromètre de la Conférence des Chambres Économiques de Bretagne, 12 % d’entre eux seulement misent sur une hausse du chiffre d’affaires cette année. Tous demandent, en tout cas, plus de visibilité et une simplification réglementaire.

La Conférence des Chambres Économiques de Bretagne (COCEB), rassemble la Chambre d’Agriculture de Bretagne, représentée par Laurent Kerlir, la CCI de Bretagne, présidée par Jean-Pierre Rivery, et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Bretagne, avec Michel Aoustin — Photo : Virginie Monvoisin

L’année 2025 a vu un ralentissement de l’économie en Bretagne, comme ailleurs en France, et les perspectives ne sont pas bien meilleures pour cette année 2026. C’est ce que révèle le baromètre de conjoncture économique établi par la Conférence des Chambres Économiques de Bretagne (COCEB), qui rassemble la CCI de Bretagne, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) de Bretagne et la Chambre d’Agriculture de Bretagne (CAB).

"La situation est difficile pour les entreprises, il y a une vraie dégradation, constate Jean-Pierre Rivery, président de la CCI Bretagne. Les risques géopolitique, sécuritaire et économique pèsent sur le moral des dirigeants. À cause du manque de visibilité, notamment sur le budget de l’État, on est au-delà du flou. Beaucoup nous disent : ça ne va pas le faire !"

Près de trois-quarts des entreprises peu confiantes

La confiance en l’avenir se dégrade en effet fortement dans l’ensemble des secteurs d’activité, particulièrement dans les commerces et services. 43 % des 3 000 dirigeants interrogés sont pessimistes, soit + 4 points par rapport au semestre dernier. Ils ne sont que 11,4 % à être optimistes, la note moyenne donnée étant de 4,8/10. "En termes de chiffre d’affaires, seule l’industrie se maintient", constate Laurent Kerlir, président de la CAB.

D’après le baromètre, 12,1 % seulement des chefs d’entreprise entrevoient une hausse de leur chiffre d’affaires sur les six premiers mois de 2026. Ils sont 39,4 % à tabler sur une baisse et 33,5 % sur un chiffre équivalent.

La rentabilité, elle, se dégrade également, avec seulement 7,7 % d’estimations positives pour 2026. L’emploi, lui, est amené à stagner. "Une reprise est prévue uniquement dans le secteur industriel, prévient Laurent Kerlir. Mais la Bretagne a des atouts pour réussir. On a de l’agroalimentaire et des gens qui en veulent." La région peut donc s'en sortir, si toutefois ses entreprises se sentent soutenues par l'État. "Quand on est empêché d’avancer par une réglementation, on se dit que c’est du gâchis, poursuit Laurent Kerlir. Il faut donc plus que jamais aller vers la simplification."

En attente de simplification administrative

Voilà le mot-clé résumant les attentes des chefs d’entreprise : la simplification. Face à la concurrence européenne et mondiale, ils ont plus que jamais besoin de regagner en agilité pour retrouver leur compétitivité. "Par exemple, dans l’agroalimentaire, sur le sujet de la Reuse (réutilisation des eaux usées traitées), nous avons avancé, mais la lourdeur administrative fait que l’on régresse, cite Jean-Pierre Rivery. Les Allemands, pendant ce temps, ont déjà pris de l’avance et c’est la même chose pour les délais d’installation d’une usine par exemple : nos voisins n’ont en résumé qu’à se brancher sur une prise de courant !"

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