Les chefs d’entreprise sont inquiets. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête de conjoncture réalisée par la Banque de France auprès de 8 500 dirigeants d’entreprise, entre le 27 août et le 3 septembre. Selon l’indicateur de l’institution, les chefs d’entreprise n’ont pas été aussi anxieux depuis trois ans et la crise énergétique.*
Ils sont bien plus inquiets aujourd’hui que lors des élections législatives de 2024 ou lors du mouvement des Gilets jaunes de 2018-2019. Il faut dire que l’actualité du moment compile le pire de ces deux événements : une crise politique et une crise sociale. Ces dernières années, seuls les confinements liés au Covid ont généré plus d’angoisses chez les chefs d’entreprise.
0,3 % de croissance attendue au troisième trimestre
Malgré ces incertitudes et ces craintes, la Banque de France estime que l’activité économique française ne va pas fléchir. La croissance du PIB devrait s’établir à 0,3 % au troisième trimestre, estime l’institution. Un niveau assez faible, mais identique au deuxième trimestre 2025.
L’industrie devrait porter l’activité (+ 1,1 % de PIB attendu), du fait de la bonne santé de l’industrie aéronautique. L’activité industrielle a été soutenue au mois d’août, avec une production d’avions, de biens d’équipement et de médicaments au beau fixe. Une dynamique qui contraste avec le ralentissement observé dans l’automobile, la plasturgie et le textile.
Le BTP en berne
Dans les services marchands, la Banque de France prévoit une croissance de 0,2 % au troisième trimestre, inférieure au deuxième trimestre (+ 0,5 %). Certains secteurs anticipent un regain d’activité en septembre, comme la location, l’hébergement ou l’édition. D’autres envisagent un possible recul de l’activité, en particulier dans la restauration, les activités de conseil et la publicité.
Dans le secteur du bâtiment, sensible aux politiques publiques, la Banque de France table sur un repli de 1 % de l’activité.