Magellium : La PME du spatial s’ouvre au marché de l’énergie

Magellium : La PME du spatial s’ouvre au marché de l’énergie

«Se diversifier sans se disperser». C’est selon cette logique que Magellium, entreprise toulousaine du secteur spatial-défense, s'ouvre peu à peu aux marchés de l'énergie et de l'environnement.

Jeudi 4 octobre à Blagnac. La CCI Midi-Pyrénées accueille une délégation norvégienne, qui mêle institutionnels et grands noms du secteur «oil and gas» venus rencontrer des acteurs régionaux de la filière aérospatiale. Parmi eux, il est une PME discrète mais ne pouvant dissimuler son intérêt pour la destination, cinquième exportateur mondial de pétrole brut, troisième de gaz naturel et dont les investissements prévus dans ces domaines se chiffrent en milliards de dollars pour les années à venir. Cette PME, c'est Magellium, avant tout acteur du spatial et de la défense (80 % de son activité) mais s'ouvrant peu à peu à de nouveaux marchés.




«Se diversifier, oui, mais sans se disperser, prévient Jean-Pierre Madier, l'un de ses dirigeants. Quoi qu'il arrive, le développement de Magellium sera toujours dicté par l'innovation, l'international et les partenariats.» Sur la suite qui sera donnée à la visite des Norvégiens, il reste en revanche très secret : «Notre présence le 4 octobre n'était pas un hasard», sourit-il. Experte du traitement du signal et de l'image, l'entreprise est aussi reconnue pour ses compétences en géomatique, en architecture des systèmes d'information, en perception et robotique. «Nous maîtrisons des savoir-faire technologiques de niches qui peuvent s’adresser à plusieurs marchés», résume Jean-Pierre Madier.




Les quatre «bonnes fées» de Magellium
Pour des raisons historiques, 80% de l’activité s’effectue aujourd’hui en direction des secteurs de l’espace et de la défense-sécurité. «Dès la création de la société, en 2003, nous avons travaillé sur des programmes stratégiques avec des partenaires tels que le Cnes, la DGA, Spot Image et l’IGN que j’aime appeler nos "quatre bonnes fées", tant ils ont contribué à notre dynamique», explique le dirigeant. Si les références se sont depuis beaucoup élargies dans ces secteurs, le champ d’action de Magellium y reste avant tout français et européen :
«Pour l’essentiel, ce sont des marchés institutionnels donc très structurants pour nous, mais qui sont soumis aux contraintes budgétaires des États.» D’où le souhait des fondateurs (qui détiennent toujours 100 % du capital de 250.000 euros) de se diversifier, d’un point de vue sectoriel mais aussi géographique. En 2008, la PME avait notamment participé à quelques projets dans le domaine de la santé : «Cet axe n’est pas abandonné mais ça avance moins vite que nous le pensions au départ.»




Des acteurs et des enjeux mondiaux
Les perspectives dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement sont quant à elles jugées «très importantes, compte tenu de l’aspect mondial des acteurs et des enjeux, tels que la gestion des ressources naturelles». Responsable marketing et produits de Magellium, Bruno Krief précise que «ce développement s’effectue selon trois axes». Et de citer «la dématérialisation et la diffusion de données de géosciences», « la maintenance et la surveillance d’infrastructures industrielles
» et «la mise en place d'infrastructures de données géospatiales, notamment pour les agences de l'eau ».



Si, pour l’heure, la stratégie de diversification ne prévoit pas de nouvelles implantations à l’étranger (Magellium est présent à Toulouse, Paris et Harwell, en Angleterre), «tous les schémas sont ouverts», juge Jean-Pierre Madier. Et d’ajouter : «Nous ne sommes pas dans un modèle expansif à tous crins. Nous visons une croissance raisonnable pour atteindre la taille critique d’une entreprise présente sur la scène européenne, à vocation internationale.»



La feuille de route de Magellium table sur 200 personnes et 25 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2014, contre 170 salariés et 16 millions d’euros de revenu à ce jour.