Le Fonds accueille depuis le 24 juin l'exposition Gérard Fromanger et devrait exposer ensuite Yann Kersalé, des oeuvres de Juan Miró au printemps 2013.
Michel-Edouard Leclerc, P-dg des centres E.Leclerc, expose ses ambitions.
Pourquoi ce fonds et pourquoi Landerneau?
Le mouvement Leclerc est le 2e diffuseur de biens culturels en France et nous sommes également sponsors de nombreux événements artistiques. Mais nous avions une vraie frustration à n'être que sponsors car la reconnaissance s'arrête à un logo sur une affiche ou une mention dans un discours. Nous voulions aller plus loin et devenir des acteurs de la vie culturelle. Nous sommes très attachés à Landerneau car c'est là que l'aventure de mes parents dans la grande distribution a commencé. Le couvent des Capucins, qui abrite notre espace d'exposition, est l'endroit où mes parents ont ouvert leur troisième épicerie, et leur premier vrai supermarché. On va faire venir à Landerneau des artistes connus dans le monde entier. L'idée est de commencer par faire 6 ou 7 expositions de rayonnement national à raison de deux par an afin d'acquérir une légitimité et une crédibilité dans le milieu de l'art contemporain. Une fois qu'on aura obtenu ce crédit, on voudrait coproduire depuis Landerneau des expositions partout en Europe. On aimerait devenir une sorte de laboratoire.
Qui sont les contributeurs du fonds de dotation?
Il est composé de presque 600 donateurs, pratiquement tous issus du mouvement Leclerc:des chefs d'entreprises, des cadres ou des amis. Il n'est pas prévu pour l'instant de l'ouvrir à d'autres entreprises ou particuliers, nous voulons rester maître de la programmation. Mais nous allons organiser d'autres événements, des débats ou des conférences par exemples et sommes tout à fait ouvert pour les coproduire avec des sponsors ou des partenaires.
Le prix d'entrée est très faible. Pourquoi ? Arrivez-vous à rentrer dans vos frais?
La mission que nous nous sommes donnés est de permettre la rencontre entre le public et les artistes contemporains. Nous voulons être des médiateurs. C'était justement intéressant de commencer par une exposition de Gérard Fromanger, qui refuse l'élitisme et la rupture de l'art contemporain avec le public. Le but du fonds n'est pas d'être rentable mais pas non plus de perdre de l'argent: on ne proposera des expositions qu'en fonction des donations de nos mécènes.
Comment a été accueilli l'arrivée du chantre de la consommation par le milieu de l'art contemporain?
Ce sont surtout les médias qui sont durs avec nous. Leclerc a été sponsor du festival de la bande-dessinée d'Angoulème pendant 17 ans et nous n'avons jamais eu droit à un article non-polémique sur le sujet. Quand je leur fait part de ma perplexité face à cela, ils me répondent qu'ils "ne veulent pas servir la soupe". Cela me choque profondément parce que ces lois facilitant le sponsoring et le mécénat ont été créée pour que les artistes et les événements puissent aller chercher des fonds privés. C'est un biais idéologique qui va à contre-sens de l'intérêt général. Mais avec l'exposition Fromanger, on sent qu'il y a un tournant. Il y a eu pas mal d'articles. Dans le milieu de l'art, les musées ou les collectionneurs qui nous ont prêté des oeuvres ont plutôt bien accueilli notre innocence et notre fraîcheur par rapport à ce monde artistique. Et ils savent qu'ils peuvent faire confiance à la marque Leclerc pour la logisitique, le transport des oeuvres et la sécurité.
Exposition Gérard Fromanger
Aux Capucins à Landerneau, jusqu'au 28 octobre. 4€ l'entrée (2€ en tarif réduit).