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L’usine Arkema de Marseille profite de la décarbonation via son plastique à base d’huile de ricin
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L’usine Arkema de Marseille profite de la décarbonation via son plastique à base d’huile de ricin

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Depuis 1956, l’huile de ricin est transformée à l’usine de Saint-Menet, dans les quartiers Est de Marseille. Propriété d’Arkema depuis 20 ans, elle produit la matière première du Rislan 11, un plastique très spécifique utilisé dans l’aviation, le médical, l’industrie automobile, la téléphonie ou encore les équipements sportifs. Un matériau biosourcé unique qui bénéficie de la tendance à la décarbonation.

Philippe Gomez, directeur du site Arkema Saint-Menet, à Marseille, depuis 2020 aux côtés de Laurent Tellier, directeur de l’unité matériaux de spécialités du groupe — Photo : Audrey Savournin

Barnums, stands pour déjeuner, oriflammes, discours… C’était jour de fête le 17 juin, à l’usine Arkema de Saint-Menet, à l’Est de Marseille. Salariés et prestataires célébraient un double anniversaire : les 20 ans du groupe spécialisé dans les matériaux de spécialités, les additifs et les revêtements (plus de 20 000 salariés ; CA 2025 : 9 Md €) et les 70 ans du site, qui emploie environ 300 personnes auxquelles s’ajoutent 150 emplois induits. "Une double aventure qui se rejoint sur 20 ans", introduit Laurent Tellier, directeur de l’unité matériaux de spécialités du groupe (plus de 3 Md€ de CA) et futur n°2, à compter de juillet. Et un site qui "est vraiment le symbole de ce qu’a essayé d’être le groupe Arkema, de la transformation de notre portefeuille d’activités" en tendant vers davantage d’efficacité énergétique et de durabilité.

Un produit biosourcé unique

Car depuis 1956, on y transforme l’huile de ricin. S’il a d’abord été question de fabriquer du nylon, elle sert aujourd’hui à produire un liquide destiné à la parfumerie, la cosmétique, l’alimentaire ou encore la peinture ; et une poudre, l’Acide amino undécanoïque, matière première du Rislan 11. Un plastique très spécifique qu’Arkema élabore sur quatre autres sites, pour l’aviation, le médical, l’industrie automobile, la téléphonie ou encore les équipements sportifs. "C’est un procédé unique au monde, le seul à être biosourcé, quand les autres plastiques sont réalisés à partir de pétrole", souligne Philippe Gomez, le directeur du site, qui reconnaît être porté par "la mode de la décarbonation".

Un matériau décarboné

"Il y a toujours des besoins de plastique, mais beaucoup cherchent désormais du plastique décarboné, même s’il est plus cher car très complexe à produire, prolonge-t-il. Le nôtre est recyclable à 100 % et il est produit avec une empreinte carbone 80 % inférieure à celle de nos concurrents qui utilisent le pétrole. On est proche du kg d’émission par kilo produit." Un argument de poids pour Arkema, qui a séduit par exemple On running, la marque de chaussures de l’ancien tennisman Roger Federer, disponible à la vente mais aussi sur abonnement.

Très prisé par les équipementiers sportifs

Mais l’industriel mise aussi sur les performances du Rislan 11, résistant, léger et offrant beaucoup de rebond. Elles ont séduit le fabricant de robots ménagers Vorwerk mais aussi d’autres équipementiers sportifs dont Decathlon. "80 % des buts marqués à la Coupe du monde de football le sont avec des chaussures contenant notre matériau. Et le dernier vainqueur du marathon de Londres, qui a battu le record du monde (Sabastian Sawe est le premier à avoir mis moins de deux heures lors de la course, NDLR), l’a fait aussi avec des chaussures contenant notre polymère", sourit Philippe Gomez.

Une deuxième usine à Singapour

Une dynamique qui a poussé Arkema à investir près de 500 millions d’euros dans un deuxième site de production d’acide amino undécanoïque, plus modeste (environ 50 % du site marseillais), à Singapour, pour répondre aux demandes en Asie. En parallèle, 15 à 20 millions d’euros sont mobilisés chaque année à Saint-Menet, qui produit pour l’Europe et l’Amérique, "afin de maintenir l’outil de production en état, d’assurer la sécurité et la protection de l’environnement" détaille le dirigeant. Qui produit aujourd’hui "10 à 20 fois plus que ce qui était fabriqué il y a 70 ans". Le site aujourd’hui classé Seveso, en zone urbaine, était encore en pleine campagne, sans même être clôturé.

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