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Valbiotis : "Cette augmentation de capital va nous mettre le pied à l’étrier"
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Sébastien Peltier PDG de Valbiotis "Cette augmentation de capital va nous mettre le pied à l’étrier"

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La biotech rochelaise Valbiotis accélère la cadence de sa commercialisation. Elle prévoit notamment de vendre ses compléments alimentaires en Chine dès la fin de l’année et au Moyen-Orient en 2027 et vient de clore une augmentation de son capital. Sébastien Peltier, son PDG, détaille la stratégie qui devrait lui permettre d’atteindre 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030.

Le fabricant rochelais de compléments alimentaires Valbiotis, dirigé par Sébastien Peltier, prévoit d’ouvrir ses ventes à l’international dès fin 2026, d’abord en Asie puis au Moyen-Orient — Photo : Olivier Lhopez

Valbiotis (48 salariés) a bouclé début juin une augmentation de capital de 10,2 millions d’euros. À quoi va-t-elle vous servir ?

Cette augmentation de capital va nous mettre le pied à l’étrier. Elle va d’abord nous permettre d’assurer nos besoins en fonds de roulement. On va aussi renforcer les équipes sur le terrain en passant de 16 à 25 attachés à la promotion médicale en 2027. Notre enjeu en France, c’est de multiplier le nombre d’implantations en pharmacie pour atteindre un effet de seuil, actuellement on est à une vingtaine par mois.

C’est la 10e augmentation de capital depuis 2017, pourquoi ce recours si fréquent à ce type de levées de fonds ?

En théorie, le mieux c’est de faire moins d’augmentations de capital mais de plus grande dimension. Il y a un problème de profondeur de marché en France. Globalement, quand l’innovation sort un peu de l’ordinaire, lever des fonds conséquents est compliqué. La preuve, c’est que les grosses biotechs sont souvent cotées en France et au Nasdaq et ont des flux financiers qui viennent beaucoup de l’étranger. On est donc plutôt sur des augmentations de capital de plus petite taille et des fonds d’investissement qui préfèrent en faire plusieurs.

Valbiotis devrait franchir le million d’euros en 2026, uniquement grâce aux ventes sur le marché français. Comment vous organisez-vous pour attaquer l’international ?

Notre business model a changé. Au départ, on accordait des licences exclusives et plutôt mondiales à des grands comptes. C’est ce qu’on a fait avec Nestlé. Suite à son retrait en 2024, nous avons décidé de changer de business model parce que c’était trop risqué de tout donner à un mastodonte, il n’y avait pas de rapport de force.

Nous allons nous déployer à l’international de plusieurs manières. D’abord, via un modèle de coentreprise. C’est ce qu’on a fait fin 2025 avec le groupe chinois Aika (actionnaire à 51 %). Le plus gros avantage de cette méthode, c’est que Valbiotis va récupérer beaucoup plus de valeur qu’avec des licences. En Asie, on aurait touché des royalties sur les ventes nettes de Nestlé. Avec la coentreprise, on va toucher 49 % de l’ensemble des bénéfices réalisés. Aika possède les droits commerciaux pour une grosse partie de l’Asie, à l’exception de l’Inde. Les premières ventes sont attendues pour fin 2026.

"Valbiotis va récupérer beaucoup plus de valeur avec la coentreprise qu’avec des licences"

Nous passons aussi par des contrats de distribution exclusifs avec des engagements de volumes minimum, pour avoir une projection financière a minima. C’est le cas pour le Moyen-Orient en 2027 via des contrats avec Mena Nutrition pour le Liban, l’Arabie saoudite et l’Irak et avec Al Danah Medical pour le Qatar. C’est un secteur où la prévalence des facteurs de risques cardiométaboliques est bien plus élevée que chez nous, d’où notre intérêt. À l’inverse de Nestlé, le chiffre d’affaires qu’on va apporter avec nos produits sera important pour ces partenaires. L’Europe et l’Amérique du Nord sont aussi des cibles sur lesquelles nous voudrions avoir un ou plusieurs contrats de ce type.

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Arriver en tant qu’actionnaire minoritaire de la coentreprise alors qu’elle vend vos propres produits était-ce un choix ou une nécessité ?

Pour faire du bon business en Chine et en Asie, il faut travailler avec un partenaire chinois et lui donner un peu les mains libres, sinon ça ne fonctionne pas. On a des règles de gouvernance équilibrées, un droit de veto sur certaines décisions et au niveau du budget, il doit y avoir un accord commun. On a donc le contrôle par les règles de gouvernance.

Cet acteur nous a séduits parce qu’il avait déjà implanté une marque de santé française en Chine via un contrat de distribution et bénéficiait donc d’une première expérience significative. Nous nous sommes fait accompagner par un cabinet spécialisé dans les affaires entre les sociétés françaises et chinoises.

Les produits vendus auront un packaging différent : on veut commercialiser un produit made in France avec un packaging à l’aspect un peu luxe. La production reste en France. Je crois que la Chine a été assez traumatisée par le scandale des laits infantiles et sa production locale. Depuis, dans le secteur de la santé, ils préfèrent une production qui vient d’ailleurs.

Payez-vous encore le retrait de Nestlé ?

Oui et non. Nous avons terminé de restructurer la société, Nous progressons dans notre commercialisation. En revanche, on paye encore ce départ d’un point de vue purement boursier. Nous devons reconquérir les marchés financiers pour prouver qu’on sera capables de déployer la marque en France et à l’international, ce qui viendra avec le chiffre d’affaires et la rentabilité.

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