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L’UPE 06 alerte sur les défaillances d’entreprises et le moral au plus bas des dirigeants azuréens
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L’UPE 06 alerte sur les défaillances d’entreprises et le moral au plus bas des dirigeants azuréens

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Alors que le Parlement discute du budget de la Sécurité sociale, impliquant de taxer les entreprises, ces dernières ne veulent plus supporter de nouveaux impôts. Dans les Alpes-Maritimes, elles l’ont fait savoir via l’UPE06 et son président Pierre Ippolito qui alerte sur les défaillances et le moral au plus bas des dirigeants azuréens.

Pierre Ippolito est le président de l’UPE06, syndicat patronal des Alpes-Maritimes — Photo : Olivia Oreggia

Pas de quoi se réjouir. "Même si on résiste un peu mieux dans les Alpes-Maritimes, le nombre de défaillances d’entreprise progresse fortement : + 16 % à fin octobre dans le département, contre + 19 % de moyenne nationale", souligne Pierre Ippolito, président de l’UPE06. Précisant qu’à Nice, ce chiffre atteint même les 28 % dans ce qui est communément appelé le retail, le commerce de détail. Dommage collatéral de la baisse du pouvoir d’achat.

"70 000 défaillances en 2024"

Au total, sur l’ensemble du territoire français, ce sont plus de 60 000 chefs d’entreprise qui auront ainsi perdu leur emploi sur l’année 2024. "Je pense même que l’on dépassera les 70 000 défaillances sur l’année, ce qui est un record historique. On parle beaucoup des 1 200 salariés de Michelin, mais pourquoi on n’entend pas parler de ces 70 000 chefs d’entreprise. Ont-ils moins de valeur ? Ils sont pourtant ceux qui créent le plus de valeur et il faut les préserver."

Les entreprises des Alpes-Maritimes se sont retrouvées à l’Allianz Riviera, à Nice, pour le salon annuel des dirigeants, les Entreprenariales — Photo : Olivia Oreggia

Ce 21 novembre, en préambule des Entreprenariales, traditionnel rendez-vous des dirigeants azuréens à l’Allianz Riviera de Nice, le patron des patrons azuréens a ainsi tenu à alerter sur cette situation critique.

39 heures par semaine pour ceux qui souhaitent

Une réaction qui s’inscrit dans un "vrai ras-le-bol" général. "Le moral des dirigeants est en berne, ils sont vraiment abattus, reprend Pierre Ippolito. Il y a à la fois une dégradation de l’environnement économique, de l’activité économique, une baisse du marché et en plus un rattrapage Covid. Certaines entreprises n’arrivent pas à rembourser leur PGE. On a déjà du mal à se faire payer de nos fournisseurs, à trouver les clients et on parle en plus de nous rajouter des taxes. Or, le débat doit être de savoir comment libérer l’entreprise, et donc pas seulement les dirigeants mais aussi les salariés qui veulent travailler plus."

Pour le patron des patrons, cela passe par les 39 heures de travail hebdomadaire pour ceux qui le souhaitent, "une proposition indispensable pour le pays, même si elle n’était que provisoire. Rajouter quatre heures sans majoration, cela offrirait 200 euros de pouvoir d’achat supplémentaire net."

Le ministre de l’Économie contre "le matraquage des entreprises"

Et Pierre Ippolito de dénoncer dans le Projet de loi de finances qu'"aucune économie d’État" ne soit faite. "On ne parle que de fiscalité des entreprises, que ce soit à travers le versement mobilité, la suppression des aides aux apprentis, la réduction des charges pour les bas salaires. Il va y avoir une explosion du chômage !"

Des arguments qui ont trouvé un soutien inattendu du ministre de l’Économie et des Finances. Antoine Armand a en effet expliqué dans les colonnes de nos confrères du Parisien ce jour, que les entreprises ne devaient pas être la variable d’ajustement, combattant l’idée de revenir sur une partie des exonérations de charges, même en les réduisant à 3 milliards d’euros par le Sénat. "Ce n’est pas en matraquant les entreprises et en augmentant le coût du travail qu’on crée de l’emploi et de la croissance", a-t-il assuré.

"Ce n’est pas maintenant qu’il faut le faire. Qu’il soit force de proposition !", répond Pierre Ippolito, rappelant que l’UPE est un syndicat patronal apolitique.

Des réformes de productivité

Alors comment les entreprises peuvent-elles participer, à leur niveau, à l’effort national pour limiter la dette du pays ? "Elles participent à travers les défaillances, à travers le nombre de suicides qui n’a jamais été si élevé parmi les chefs d’entreprise, dans notre désarroi et notre difficulté… on participe au budget de l’État depuis vingt ans. Stop ! C’est son budget de fonctionnement, ce sont les ressources allouées à ses avantages divers et variés. Il nous faut des réformes de productivité. Toutes les pistes qui ne coûtent pas d’argent doivent être étudiées pour remettre tout le monde au travail. L’entreprise est prête à travailler plus mais pas à être taxée plus."

Pierre Ippolito, président de l’UPE06, et Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d’Azur, ont affiché leur volonté commune d’œuvrer dans le sens, pour la croissance et l’emploi sur le territoire — Photo : Olivia Oreggia

Pas de hausse d’impôts locaux

Un message soutenu par le président de la métropole Nice Côte d’Azur. Christian Estrosi a tenu à ajouter un peu d’optimisme dans ce tableau noir. "Nous sommes dans une période difficile mais les perspectives économiques sont bien là. Dans le tourisme notamment à fin octobre, des résultats supérieurs à 2023 et même à 2019, dernière grande année de référence. Quand on investit sur le port pour accueillir le sommet des Nations Unies en juin prochain avec des congrès et séminaires déjà réservés ensuite, c’est un soutien à l’économie." Et le maire de Nice d’assurer qu’il n’y aurait pas de hausse d’impôts locaux en 2025, ni pour les habitants ni pour les entreprises. Au moins une bonne nouvelle.

Alpes-Maritimes # Conjoncture # Syndicats patronaux # Fiscalité # PME # TPE # Suppressions d'emplois # Écosystème et Territoire