Pour la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, les entreprises continuent d’investir
# Banque # Écosystème et Territoire

Pour la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, les entreprises continuent d’investir

S'abonner

Implantée dans les Alpes-Maritimes et le Var, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur présentait ses résultats pour l’année 2024. Et ceux-ci témoignent que l’économie azuréenne ne va pas aussi mal que les défaillances d’entreprises pourraient le laisser penser. Des indicateurs prouvent en effet que projets et investissements se poursuivent.

Françoise Lemalle, présidente du Conseil d’orientation et de surveillance de la Caisse d’Épargne Côte d’Azur est entourée de Claude Valade, à gauche, président du Directoire, et de Jean-Yves Morin, membre du Directoire en charge du pôle Finances & Expertises — Photo : Olivia Oreggia

Après une année 2023 complexe et des résultats en baisse, 2024 est "un bon cru" pour la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, selon les mots du président de son directoire, Claude Valade. "Certes pas un cru record comme on a pu le connaître en 2022, mais dans le contexte de 2024, nous avons fait le mieux que nous pouvions faire et les résultats sont vraiment très satisfaisants."

1,525 milliard

Et ce à un double niveau. D’abord pour la banque coopérative en tant qu’entreprise : elle affiche un produit net bancaire en hausse de 4 % à 333 millions d’euros et un résultat net à 78,2 millions d’euros à +16 %. Mais aussi pour la banque régionale en tant que financeur du tissu économique maralpin et varois, avec un niveau d’épargne de 18,4 milliards d’euros confié par ses clients localement (+4 %) et des fonds propres qui s’élèvent à 1,525 milliard d’euros, "ce qui est assez confortable", commente Jean-Yves Morin, membre du directoire en charge du pôle Finances & Expertises. "Les fonds propres nous donnent la capacité de faire des crédits, précise le président Valade. Si on n’en a pas, on ne peut pas faire des crédits."

+11 % de crédits aux entreprises

Et les crédits aux entreprises locales ont augmenté de 11 %, atteignant les 445 millions d’euros pour les "filières affinitaires" de la CECAZ que sont le tourisme, la viticulture, le nautisme, la santé et les arômes et parfums. "On ne peut pas dire que l’on soit dans une économie qui se rétrécit, analyse Claude Valade. Au contraire, on n’a jamais perçu autant de commissions sur les crédits spécifiques l’année dernière, qui sont les gros crédits pour accompagner les PME sur des crédits syndiqués, sur de la croissance externe, sur des LBO… Il y a une vingtaine de grosses entreprises de la Côte d’Azur, des pépites, qui font de la croissance externe à l’international, au Japon, en Australie. Nous accompagnons aussi ces mouvements-là pour certaines d’entre elles. Donc des projets, il y en a."

Depuis son siège situé à l’Arenas, à Nice, la CECAZ a présenté ses résultats pour 2024. "Un bon cru" selon son président — Photo : Olivia Oreggia

Des défaillances, encore et toujours

Une économie locale en relative bonne santé donc. Le tourisme par exemple et plus précisément l’hôtellerie haut de gamme, se portent très bien. Toutefois, l’ensemble reste obscurci par les défaillances d’entreprises, encore et toujours d’actualité. "En 2023, c’était surtout les TPE qui souffraient, précise Jean-Yves Morin. Aujourd’hui, ce sont de plus grosses structures, installées, qui souffrent." À commencer par le secteur immobilier. "Toute la chaîne, du maçon jusqu’à l’entreprise de promotion immobilière, en passant aussi par l’équipement, même les magasins bricolage commencent à souffrir aussi. D’une manière générale, toutes les défaillances que l’on voit dans notre clientèle ont un PGE." Bonne nouvelle néanmoins, "le marché redémarre sur les particuliers en termes d’acquisition résidence principale, résidence secondaire et locatif. Et les promoteurs recommencent à lancer des programmes."

Des incertitudes à l’inquiétude

Cette embellie ne saurait faire oublier ce qui ne cesse, ces cinq dernières années, d’accabler les chefs d’entreprise et de lester leur moral, à savoir un flot continu d’incertitudes. Covid, guerre en Ukraine, dissolution de l’Assemblée nationale, menaces commerciales de Donald Trump… "L’incertitude en matière de normes, au niveau de la transition énergétique, en termes de fiscalité, de droits de douane notamment pour les producteurs de rosé dans le Var… C’est ça la problématique des chefs d’entreprise. Ils sont inquiets parce qu’ils ne savent pas."

Une vision à six ans

Pour s’adapter à ce "monde mouvant", la Caisse d’Épargne azuréenne a présenté un plan stratégique 2030, soit une "temporalité un peu plus longue que d’habitude, explique Claude Valade. L’idée est d’avoir une vision de ce qu’on veut faire à 6 ans et d’avoir trois épisodes de deux ans, pour éventuellement caler nos indicateurs clés de performance et revoir nos ambitions en fonction de l’évolution des marchés."
Pour soutenir ses ambitions, notamment dans l‘accompagnement de ses clients dans les différentes transitions énergétique ou environnementale, la CECAZ, prévoit 185 embauches en 2025. Elle compte à ce jour 1 565 collaborateurs et un réseau de 132 agences et centres d’affaires sur les deux départements.

Région Sud Alpes-Maritimes Var # Banque # Écosystème et Territoire # Investissement # Procédure collective