"Aujourd’hui, nous avons fait des programmes qui vont jusqu’à 70 millions d’euros. Si on veut aller au-delà, il fallait avoir un partenaire solide derrière nous." Christophe Courtin, président fondateur du groupe indépendant qui porte son nom, n’a pas caché ses ambitions, ce mardi 10 juin, lors de la présentation d’un "partenariat stratégique" avec la Caisse d’Épargne Côte d’Azur (CECAZ). Le plan est clairement affiché : permettre à cette société spécialisée en immobilier de devenir "une référence nationale dans les espaces de travail flexibles et la rénovation des bâtiments tertiaires en France, tout en conservant son ancrage régional".
La Caisse d’Épargne Côte d’Azur prend 18,9 % du capital
En guise de fondations pour ce vaste chantier, la banque coopérative azuréenne, via sa filiale Caz Participations & Investissements, est désormais une actionnaire minoritaire de la holding familiale, à hauteur de 18,9 % (pour un montant non communiqué). La prise de participation minoritaire, à travers une augmentation de capital, concerne trois activités de la structure comptant environ 130 salariés : Courtin Promotion, Courtin Expertise et Travaux (maîtrise d’ouvrage déléguée en contrat de promotion immobilière ou contactant général) et Flex-O, 65 000 m² de bâtiments de bureaux flexibles écoresponsables dont le premier site a été créé à Sophia Antipolis avant d’essaimer dans plusieurs communes françaises comme Nice, Lille, Lyon, Nantes ou Rennes.
L’immobilier d’entreprise va bien
Cette collaboration est "bien plus qu’une opération uniquement financière", se félicite Claude Valade, président du directoire de la CECAZ. "C’est aussi la logique de s’appuyer sur des synergies assez porteuses d’innovation et de croissance qui soient durables à l’échelle régionale et nationale. Quand on voit ce qu’ils ont fait sur plusieurs bâtiments, ça donne envie d’accélérer les choses", ajoute-t-il, convaincu que le secteur d’activité de Courtin a de (très) beaux jours devant lui. "Il y a un bashing de l’immobilier de bureau, on nous dit que les gens ne veulent pas revenir au bureau, souligne Christophe Courtin. Aujourd’hui, nous n’avons pas de soucis de remplissage, ce qui démontre que ce n’est pas l’immobilier qui va mal, mais la façon dont on aménage."
Opération Oxygen
Fort de ses 2 000 entreprises résidantes chez Flex-O et d’une clientèle de grands groupes tels que NXP, Thales, IBM Aspera, Fitness Park, Axis Communications ou Travel Planet, le groupe Courtin, créé en 2015, a désormais les moyens de son ambition selon son dirigeant. "L’objectif, c’est de se dire comment on peut faire plus sur le territoire, non pas seulement pour Sophia, mais pour Nice et pour le Var…" Le groupe lorgne également bien au-delà des frontières régionales en s’appuyant sur sa marque de fabrique maison : reconstruire de grands immeubles de seconde de main à l’image de son projet phare du moment, Oxygen. Celui-ci comprendra d’ici à deux ans 20 000 m² d’espaces à Sophia Antipolis avec du coliving, du coworking et du bureau, "beaucoup plus d’espaces végétalisés qu’à l’origine", des bassins de rétention équivalents à deux piscines olympiques et "une consommation énergétique divisée par douze par rapport à l’ancien bâtiment". "C’est ça l’immobilier de demain, assure Christophe Courtin ; on n’a plus des dortoirs d’un côté et des bureaux de l’autre. On a une mixité d’usages qui fait que les gens ont envie d’y aller."