Ceux qui ont déjà campé dans les bivouacs ou villages haut de gamme du groupe Huttopia connaissent forcément les glaces Los Pistoleros. La petite entreprise azuréenne (7 salariés à l’année, une trentaine en saison) qui les fabrique, implantée au Cannet près de Cannes, est le fournisseur exclusif de ses 60 sites en France et en Europe.
L’Europe par opportunité
Elle est aussi présente dans d’autres campings bien sûr, sur des plages, bases nautiques, parcs d’attractions ou loisirs (au Futuroscope depuis cet été), salles de sport, musées… 600 points de vente à ce jour en France, mais aussi en Europe. "Par opportunité, explique Michael Bensaïd, cofondateur et directeur associé. Les gens qui distribuent le produit à l’étranger en étaient d’abord tombés amoureux. En Italie, il s’en vend 100 000 par an. Autant en Suède, étonnamment, où on ne vend aucun sorbet mais des crèmes glacées, considérées comme un dessert."
Cette année, la République tchèque s’ajoute à la liste des destinations. "Un distributeur de produits mexicains a découvert nos produits alors qu’il était en vacances sur la Côte d’Azur et les a adorés. Il a commandé deux palettes et voilà, un nouveau pays s’est ouvert. Nous, on fait un travail de développement commercial pour essayer de trouver des distributeurs dans différents pays, mais c’est difficile."
Multiplier les points de vente
En France, le nombre de points de vente Los Pistoleros devrait vite grimper grâce à son nouveau partenariat avec Krill, distributeur français spécialisé dans la Restauration Hors Domicile (RHD), filiale du groupe agroalimentaire coopératif breton Even.
"Comme nous gérons en direct la distribution en région Sud, c’est là que nous sommes le plus présents, précise Michael Bensaïd. Mais nous avons pour ambition de beaucoup développer la région parisienne et la côte atlantique, où Krill est très actif. Néanmoins, ce n’est pas tant par le côté géographique que nous cherchons à nous développer, que par des cibles. Nous voulons signer des comptes clés, des chaînes pour nous ouvrir 10, 20, 100, 200 points de vente d’un coup, plutôt que d’essayer de trouver un revendeur. Nous voulons exister en tant qu’entreprise, pas seulement en tant que produit. C’est formidable que le public nous connaisse mais il faut aussi que le marché nous connaisse."
20 000 glaces par jour
Cela fait dix ans, que Michael Bensaid, avec deux amis, s’est ainsi lancé dans la fabrication de ces glaces artisanales et naturelles inspirées des "paletas" mexicaines qu’ils avaient découvertes en Amérique du Sud. Face aux géants industriels qui dominent le marché, elles ont su trouver leur place.
Chaque jour, 20 000 unités sont produites dans leurs locaux qui ont été agrandis à plus de 1 000 m2. La croissance est là : après un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros en 2024 – "notre meilleure année jusqu’à présent" — l’entreprise vise les 2 millions d’euros en 2025. "Et ce n’est pas fini, il y a vraiment des potentiels de développement très intéressants. Mais désormais, nous faisons les choses piano, sans se dire que demain, nous allons faire 10 millions de glaces. On y arrivera, probablement, mais cela prendra peut-être 5 ou 10 ans."
De "potentiels investisseurs" ?
Voilà une des leçons tirées du placement en redressement judiciaire que l’entreprise avait alors demandé en 2020, Covid oblige, et dont elle est sortie dès la fin de l’année suivante. "Maintenant, nous recherchons la rentabilité, quoi qu’il se passe, chaque année, et en fonction de nos prévisions, on fait des investissements. Nous avons quasi tout amorti. La suite, on verra. La discussion sur l’entrée potentielle d’investisseurs est toujours ouverte. Cela pourrait être intéressant et nous permettrait de passer un cap et d’accélérer beaucoup plus et plus vite la croissance."