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"L’objectif est de croître aux États-Unis, en gardant notre siège social à Nantes"
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Romain Fouache nouveau directeur général d’Akeneo "L’objectif est de croître aux États-Unis, en gardant notre siège social à Nantes"

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Romain Fouache vient de prendre la direction de l’entreprise nantaise Akeneo, avec une ambition : devenir leader mondial de la gestion de l’information produit et de l’expérience produit pour les e-commerçants. Pour ce faire, le dirigeant franco-américain mise sur une croissance forte aux États-Unis, sans pour autant vouloir y implanter le siège social d’Akeneo.

Romain Fouache, nouveau directeur général d’Akeneo, livre sa vision et les perspectives pour l’entreprise. Il mise sur une croissance forte aux États-Unis — Photo : Akeneo

Fondée à Nantes en 2013, Akeneo édite un logiciel spécialisé dans la gestion de l’information produit pour les e-commerçants. Où en est l’entreprise dont vous venez de prendre la direction générale ?

Sur les 450 salariés, la moitié est aujourd’hui en France, un quart aux États-Unis, et un quart dans le reste de l’Europe, ainsi qu’une tête de pont en Asie-pacifique. Aujourd’hui, nous attaquons les clients les plus pertinents en fonction des perspectives macroéconomiques du moment. Par exemple, le luxe et le retail sont aujourd’hui deux secteurs très porteurs. Mais cela peut changer d’une année à l’autre, ou même d’un territoire à l’autre. Nous ne dévoilons pas notre chiffre d’affaires. Mais je peux vous dire qu’en France, nous avons 25 % des entreprises du CAC 40 dans notre portefeuille. À l’échelle mondiale, nous avons aujourd’hui 900 clients de toutes les tailles, qui payent pour notre logiciel. Et le vivier est immense : toute entreprise qui vend un produit peut potentiellement être un client. Or, une entreprise ne peut pas se permettre de se tromper sur son produit. C’est sa raison d’être. Maîtriser les données associées est donc primordial.

Quelles sont les perspectives d’Akeneo pour les années à venir ?

Le plus gros potentiel de croissance pour nous réside en Amérique du Nord. Un éditeur de logiciel traditionnel peut avoir environ 60 % de son marché aux États-Unis. Aujourd’hui, Akeneo a déjà un premier bureau à Boston. Nous avons un quart de notre activité outre-Atlantique, ce qui est à la fois peu, car le potentiel de progression est énorme. Et à la fois, cela représente déjà beaucoup, car il est difficile pour un éditeur français qui n’est pas natif des États-Unis, de s’y développer. À terme, les États-Unis pourraient représenter la moitié de nos activités.

Quels liens avez-vous personnellement avec les États-uniens ?

Je suis né aux États-Unis, et j’ai grandi à Nantes. Au sein de mon poste précédent (Romain Fouache a travaillé pour Dataiku entre 2017 et 2024, en tant que directeur des opérations puis directeur financier, NDLR), le marché américain a toujours été un marché que nous avons cherché à toucher. Chez Dataiku, nous sommes parvenus à faire des États-Unis le premier marché de l’entreprise, avec un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros sur ce territoire.

Pour y parvenir, l’entreprise d’origine française Dataiku est passée sous pavillon américain, et a déplacé son siège social à New York, lors d’une levée de fonds en 2016. Est-ce l’avenir qui se dessine pour Akeneo ?

Il ne faut pas tisser trop de parallèles. Chaque aventure entrepreneuriale est unique. Le contexte macroéconomique est très différent. En 2016, la France n’existait pas ou peu sur les radars des fonds d’investissement américains. Le succès d’entreprises d’origine française comme Dataiku ont permis de leur ouvrir les yeux sur notre écosystème. La tech française est aujourd’hui reconnue comme un lieu avec des technologies de pointe. Aujourd’hui, grâce à des entreprises pionnières comme Dataiku, déménager le siège social aux États-Unis pour y exister n’est plus une nécessité. L’ambition pour Akeneo est de devenir un leader mondial depuis Nantes. Pour preuve, Akeneo a déjà attiré la société d’investissement américaine Summit Partners à son capital. C’est elle qui a mené le dernier tour de table de 122 millions d’euros en 2022. Si une grosse partie de cette somme reste dédiée à la R & D, une part sera aussi orientée vers notre expansion commerciale outre-Atlantique.

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