Livbag : Résister grâce l'innovation
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Livbag : Résister grâce l'innovation

Face à un marché de l'automobile moribond, Livbag, qui produit des générateurs de gaz pour les airbags depuis 20 ans à Pont-de-Buis, veut rester compétitive.

La fermeture du site Peugeot à Aulnay, la suppression de 7.500 emplois chez Renault annoncée en janvier... L'industrie automobile française est moribonde. Les équipementiers sont les premiers à en pâtir. Livbag, qui fabrique des générateurs de gaz pour airbag à Pont-de-Buis dans le Finistère, en a fait les frais. En 2009, l'entreprise annonce un plan social qui émeut toute la région : 133 licenciements, tous via des départs volontaires, sur 900 salariés au total. Pourtant Livbag, un des poumons économiques de Pont-de-Buis, n'avait jusqu'alors cessé de grandir. En 2004-2005, au moment du pic de croissance, Livbag a compté jusqu'à 1.500 salariés sur le site. Elle a été créée en 1992, il y a vingt ans, par deux partenaires, la SNPE (Société nationale des poudres et explosifs), propriétaire de la poudrerie de Pont-de-Buis - depuis rachetée par le groupe Nobelsport - et Autoliv, un équipementier suédois, numéro un mondial de l'airbag et de la ceinture de sécurité. Le premier cherchait à diversifier ses activités, le second à s'implanter en Europe sur un marché en pleine croissance à la fin des années 80 : l'airbag.




Jusqu'à 1.500 salariés

« Au départ l'airbag n'était qu'optionnel, mais il est très vite devenu obligatoire pour le conducteur, puis le passager et enfin pour l'airbag latéral. Nous avons connu une croissance très forte et rapide », rappelle Daniel Duvacquier, aujourd'hui président de Livbag et directeur de l'activité générateur de gaz d'Autoliv en Europe. Il est présent dans l'entreprise depuis le début et dirige Livbag depuis 1999, année de la cession par la SNPE de ses 49 % de parts du capital à son partenaire suédois. Depuis, Livbag est une filiale à 100 % d'Autoliv. Avec un effectif réduit à 800 personnes après le plan social, le sous-traitant tente tant bien que mal de résister à la crise. Pour cela, Livbag a une recette : l'innovation, pour rester compétitif et justifier les écarts de prix avec les pays à bas coût de production. « C'est une notion qui nous guide tous les jours ici », confirme Franck Lebaudy, directeur R & D chez Livbag. 100 ingénieurs travaillent dans ce département, un huitième des effectifs. 4 % du chiffre d'affaires (220M? en 2012) y sont investis chaque année. « Les générateurs de gaz que nous créons sont à chaque fois des ruptures technologiques », affirme Franck Lebaudy, citant le premier succès de l'entreprise, l'Euroflator, qui a permis de lancer l'activité au moment de la création de Livbag en 1992.




Un générateur de gaz assemblé en trois secondes

En 1997, sort le premier générateur de gaz hybride alliant la pyrotechnie au gaz comprimé, « notre best-seller », souligne Franck Lebaudy. Il s'en est vendu 195millions dans le monde, sur un total de 450millions de générateurs commercialisés depuis 1992. « Nous préparons une nouvelle rupture technologique pour 2015, révèle le directeur R & D.On cherche d'abord à réduire le poids du générateur. C'est un des premiers facteurs qui permet de faire baisser la consommation en carburant. C'est un défi lancé par les constructeurs. » « On développe nos propres technologies, insiste Daniel Duvacquier. C'est notre force par rapport aux pays à bas coût.» Pour éviter d'être mis en concurrence avec ces pays, le patron a également misé sur l'innovation dans le process. Ainsi, les lignes de production sont sans cesse optimisées pour réduire le plus possible le recours à la main-d'oeuvre et accélérer les temps d'assemblage. En 2011, une nouvelle ligne de production a été mise en place : elle permet d'assembler un générateur en trois secondes ! Elle peut produire jusqu'à 4millions de générateurs par an à elle seule.




Faire en sorte de ne pas être délocalisable

Il y a quelques années, Autoliv a décidé de construire une usine de générateurs de gaz en Roumanie. Plutôt que de paniquer face à l'éventualité d'une délocalisation, Daniel Duvacquier décide alors de coopérer. « Nous avons élaboré une stratégie pour que l'on puisse travailler ensemble, se souvient-il. Les produits les plus coûteux en main-d'oeuvre ou destinés à l'Europe centrale sont produits en Roumanie. Chez Livbag, nous produisons nos produits élaborés en interne et développons des moyens de production qui permettent des temps d'assemblage très rapides. » S'il y a toujours une « concurrence, même entre les sites du groupe », Livbag a ainsi fait en sorte de ne pas être délocalisable.

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(Pont-de-Buis) Président : Daniel Duvacquier 800 salariés 220millions d'euros de chiffre d'affaires 02 98 81 30 00

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