Thierry Court dirige l'Instant Gourmand à Grenoble depuis six ans et projette d'ouvrir une deuxième boutique. «Nous sommes au maximum de la production. Nous sommes obligés de refuser du travail, notre atelier est trop petit.» Les raisons de ce succès? Assurément des produits de qualité et innovants, faits de créations personnelles. Le chocolatier pâtissier enchaîne les concours nationaux et locaux, terminant souvent premier, comme lors du salon du Chocolat de Grenoble en novembre dernier.
Reconnaissance des pairs
S'il participe à ces concours, c'est, dit-il, par «plaisir personnel, par goût de la compétition et aussi pour sortir du laboratoire, se dépasser, aborder de nouvelles techniques et voir ce que font les autres. Mais cela entraîne une grosse contrainte horaire, avec près de cent heures de travail spécifique, à rajouter aux soixante-dix heures hebdomadaires...» Son objectif suprême: être un jour meilleur ouvrier de France. «La reconnaissance par les pairs des qualités professionnelles est importante, même si la notoriété et la crédibilité apportées sont loin d'être négligeable sur le plan commercial.»
Le miracle macaron
Et la clientèle est au rendez-vous chez ce trentenaire. «Notre chiffre d'affaires a augmenté de 50% sur deux ans et cela essentiellement grâce aux macarons qui représentent 20% de notre chiffre d'affaires. Le macaron est un produit miracle! Notre production a été multipliée par six en deux ans jusqu'à atteindre 1,5t par an. Et cet engouement ne crée pas de baisse de vente sur d'autres produits; au contraire, le macaron est un produit d'appel. Je ne connais pas d'autre produit qui rapporte autant en si peu de temps! Et il n'y a pas de saison pour le macaron, j'en vends toute l'année, avec des parfums différents l'été et l'hiver.» Il a même lancé une gamme de macarons salés... Et pour faire face à un tel succès, Thierry Court voudrait ouvrir une deuxième boutique, plus spacieuse et plus en harmonie avec ses produits. Après avoir trouvé un local qui lui a finalement échappé, il se dit déçu par les banques. «Ce ne sont pas des interlocuteurs faciles, elles sont frileuses. Elles veulent un apport personnel, la valeur professionnelle du projet et de l'artisan passant au second plan. C'est vrai que j'ai besoin d'un investissement lourd, de l'ordre de 400.000€. Mais les banques ne nous encouragent pas alors que l'on doit refuser du travail et que l'on est en capacité d'embaucher.» Car non seulement sa boutique ne désemplit pas, mais, en plus, il fournit restaurants, traiteurs, épiceries fines...
Jeune pâtissier chocolatier installé à Grenoble, Thierry Court rencontre le succès lors des concours... et dans sa boutique.