Votre association regroupe les entreprises du Grand Est ayant obtenu le label Entreprises du Patrimoine Vivant, qui met en avant des entreprises françaises, artisanales et industrielles, "aux savoir-faire rares et d’exception". Comment se porte votre structure un an et demi après sa création ?
Dans le Grand Est, l’association a réussi à fédérer 48 entreprises, détentrices du label Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV), en 2025. On espère qu’elles seront entre 60 et 80 à adhérer cette année, ce qui correspondrait à près de 60 % du total des entreprises labellisées dans la région.
"Cette labellisation permet aussi de bénéficier du crédit d’impôt métiers d’arts, qui permet d’alléger les coûts de conception et la création de petites séries ou sur mesure"
Quels sont les intérêts pour une entreprise de se faire labelliser en tant qu’entreprise du patrimoine vivant ?
La labellisation s’effectue au niveau national. Elle est difficile à obtenir car elle répond à de nombreux critères ayant notamment trait au sérieux, à l’excellence et au made in France. C’est important aujourd’hui pour vendre notre savoir-faire et nos produits made in France. Cette labellisation permet aussi de bénéficier du crédit d’impôt métiers d’arts, qui permet d’alléger les coûts de conception et la création de petites séries ou sur mesure.
Est-ce qu’une identité se dégage des EPV situées dans le Grand Est ?
Il y a beaucoup de maisons de luxe comme Lalique, Baccarat, les fabricants de meubles de Liffol-le-Grand (Vosges) et tous les champagnes tels Pommery, Roederer, Bohlinger… Quand on évoque ces établissements, qui ont une histoire ancienne, cela dit quelque chose des EPV du Grand Est. On a également sur notre territoire de très belles maisons de foie gras, de confitures et de bonbons.
Quels sont les enjeux pour une association comme celle que vous présidez ?Faire connaître les Entreprises du Patrimoine Vivant auprès du grand public. Si ce label est connu des professionnels, ce n’est absolument pas le cas pour le grand public. S’il nous connaissait, il serait sans doute plus enclin à acheter chez nous. J’encourage d’ailleurs nos adhérents à se positionner sur le marché B to C. D’autant qu’au vu de la situation économique actuelle, nous avons tous besoin de commandes.
"On doit préserver l’image du made in France ainsi que l’image d’une France qui est créative, qui travaille et qui innove"
Quelles actions comptez-vous mener pour gagner en visibilité ?
Nous réitérerons notre participation aux Journées du Patrimoine au mois de septembre. Nous allons également mener une action collective à la CCI de Nancy à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art (Jema). Ou encore créer un catalogue des EPV du Grand Est qui sera diffusé aux concepteurs et aux fabricants et mis en ligne pour être lu par le plus de monde possible. Plus les Entreprises du Patrimoine Vivant seront connues, plus elles auront potentiellement des commandes.
Par ailleurs, il nous faut aussi travailler avec les acteurs économiques de la région et les centres de formation pour inciter les jeunes à rejoindre nos entreprises. L’un des enjeux pour nos entreprises, c’est la transmission de nos savoir-faire.
Comment maintenir le made in France dans le contexte actuel de guerre commerciale ?Quand on est dans le grand luxe, c’est moins un souci. Lorsque les frais de douane passent de 15 à 25 %, les clients seront toujours prêts à payer 10 % de plus pour un produit qu’ils veulent vraiment.
Ce thème du Made in France vous semble-t-il toujurs d’actualité ?
On doit préserver l’image du made in France ainsi que d’une France qui est créative, qui travaille et qui innove. Lorsqu’on se rend à l’étranger, on se moque de nous parce que notre pays n’a pas de budget et que notre classe politique n’arrive pas à s’entendre. Il faudrait que nos élus en aient conscience. L’image qu’on a, depuis l’étranger, de nos TPE et PME, qui constituent le tissu économique de la France, est aussi portée par nos politiques.